« Les motocyclistes, pris en contravention depuis le début de l’année pour ne pas avoir porté de gilet réfléchissant, ne seront pas sanctionnés », assure Ben Buntipilly, conseiller en matière de sécurité routière au bureau du Premier ministre. Alors que le communiqué – indiquant que le port du gilet n’est désormais plus obligatoire que de nuit – se fait toujours attendre, les motocyclistes s’interrogent sur les normes à respecter concernant ledit gilet. Du côté du Mouvement Contestation Gilets Fluorescents (MCGF), une “Judicial Review” est envisagée en fin de semaine.
Alors que le port du gilet réfléchissant est désormais optionnel le jour, les initiateurs du mouvement de protestation – tenu hier dans la capitale – souhaitent voir au plus vite la définition des normes concernant le gilet réfléchissant. Outre la qualité du tissus, ils souhaitent avoir plus de détails sur la largeur des bandes devant y figurer, entre autres.
Se faisant le porte-parole des motocyclistes de l’île, Salim Muthy, travailleur social, demande au gouvernement de « réflechir » sur la qualité qu’exigera la police lors des contrôles routiers. « Lor sime, nou trouv tou kalite gile ki pe vande. Ou mem ou pa kone ki bon ki pa bon », dit-il. Et de critiquer la vente de gilets fluorescents par les marchands ambulants. Une situation également décriée par Raj Appadu, président du Front Commun des Commerçants de l’Ile Maurice (FCCIM). Ce commerçant vendant « en gros » les gilets réfléchissants indique que les prix varient entre Rs 90 et Rs 150. Or, à sa consternation, il dit avoir remarqué la vente de ses produits à un prix exorbitant, parfois allant jusqu’à… Rs 500.
Tenant un point de presse ce matin au Centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, le Mouvement Contestation Gilets Fluorescents (MCGF) a vivement commenté ce volte-face du gouvernement. Pour ses portes paroles, notamment Eddy Sadien et Rajah Madhewoo, le port du gilet réfléchissant n’est pas nécessaire puisque les motocyclettes sont déjà munies d’antennes réflectives (voir encadré). Dénonçant « l’amateurisme » des autorités, et réclamant la démission de Ben Buntipilly, la MCGF estime que la vente de gilets aurait fait un chiffre d’affaires de quelque Rs 60 millions. « Azordi, ki sann-la ki pou rembours nou sa kass-la ? » se demande Eddy Sadien. Selon le travailleur social, la sécurité routière est d’abord assurée par l’état des routes. « Bizin repar sime kase dabor apre lerla demann motocyclistes pran prekosions », dit-il. Qualifiant les diverses mesures mises en place en vue d’assurer la sécurité routière de « crime organisé », Eddy Sadien fustige le gouvernement.
Du côté du PMO, c’est un tout autre son de cloche. « Le but de cette mesure est uniquement de sauver des vies. Elle a principalement touché les motocyclistes parce que nous avons reçu de nombreuses propositions en ce sens. De plus, les motocyclistes sont estimés à 150 000. Il est donc normal d’assurer leur sécurité », indique Ben Buntipilly. En attendant, un communiqué à ce sujet se fait toujours attendre. « Nous ne pouvons faire confiance à la déclaration de Ben Buntipilly parce que la loi, elle, est toujours là. Elle n’a pas encore été révisée et est donc toujours applicable », explique la MCGF, qui appelle à la vigilance des motocyclistes sur le « non-port » du gilet réfléchissant.
Le MCGF envisage une “Judicial Review” d’ici la fin de la semaine. « Nos hommes de loi préparent ce dossier actuellement », indique le mouvement, qui soutient que sa manifestation – prévue le 19 janvier au Champ-de-Mars, à Port-Louis – est maintenu.