« Le secteur financier, qui est la fierté de la démocratisation de l’économie, est en péril. Il est pris en otage par le gouvernement. » Propos du leader de l’opposition hier en conférence de presse aux côtés des députés PTr. Arvin Boolell est revenu à la charge sur le dossier Global Business et la Private Notice Question (PNQ) qui n’a pu être posée vendredi au ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance Mahen Seeruttun en raison de son expulsion et du walk-out de l’opposition du Parlement. Il appelle les opérateurs du secteur à former une seule entité afin de faire entendre leurs voix.

Evoquant une situation d’urgence, Maurice figurant désormais sur la Grey List of Juridictions de la Financial Action Task Force (FATF), organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, avec notamment quelque 15, 000 emplois mis en péril, le leader de l’opposition soutient que la Financial Services Commission (FSC) n’a pas fait son travail comme il fallait. Arvin Boolell rappelle ainsi que l’évaluation effectuée en 2007 plaçait Maurice sur la bonne voie, contrairement à 2018. Et de souligner que suivant la révision de sa méthodologie par la FATF en 2012, Maurice aurait dû aussi revoir ses principes. Ce qui devait se faire en 2014, dit Arvin Boolell, avançant qu’en raison des élections « il appartenait au gouvernement qui a pris le pouvoir de prendre les mesures nécessaires ». « Si la situation s’est détériorée pour Maurice, c’est que le gouvernement Lepep a préféré opter pour une politique de vengeance lorsqu’il a pris les rênes du pays », dit-il. Et le dialogue avec les opérateurs du secteur financier n’a pas primé contrairement au PTr quand il était au pouvoir, soutient Arvin Boolell. Cette situation résulte, selon le PTr, du fait de la révision du traité avec l’Inde et la façon dont Maurice a concédé ce traité.

Arvin Boolell a rappelé les facilités mises à la disposition de certains investisseurs étrangers, dont Alvaro Sobrinho, le cas Dos Santos, « sous le gouverneur de la Banque de Maurice », Yandraduth Googoolye, qui a éclaboussé la réputation du secteur financier de Maurice. Déplorant également l’axe « gouvernement-Lee Shim », les amendements apportés à la Gaming Regulatory dans le Finance Bill ont été repris par le leader de l’opposition. Pour Arvin Boolell, ces amendements sont « as if gaming is designed only for Lee Shim ».

Aujourd’hui, après la Grey List de la FATF, « cela coule de source que Maurice va figurer sur la liste noire de l’Union européenne et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ». Le leader de l’opposition affirme qu’aujourd’hui la situation est telle que de gros investisseurs envisagent de s’installer à Singapour. Selon lui, pour redorer le blason de ce secteur, il est impératif que les acteurs du secteur financier, petits et grands, fassent front commun pour obliger le gouvernement à concrétiser au plus vite les mesures correctives. « Entre 2015-2018 finn perdu beaucoup lestant. Zordi ena beaucoup pou rattraper », estime Arvin Boolell. Et dans le contexte, il faudrait que les Law Enforcement Agencies agissent de façon à ne pas mettre en péril un secteur avec une croissance de 10 %, porteur d’espoir, conclut-il.