L’arrestation et la détention provisoire par le Central Bureau of Investigation de l’Inde d’un parlementaire du Lok Sabha, dont le père a été chef-ministre de l’état de l’Andhra Pradesh, intervient à un point extrêmement compromettant pour le Double Taxation Avoidance Treaty. Parmi les chefs d’accusation retenues contre Jagan Mohan Reddy (40 ans) se trouve celui de blanchiment de fonds pour un montant d’au moins Rs 800 millions dans des sociétés écrans enregistrées dans le Global Business Sector à Maurice. Le suspect, qui est un des responsables du Congrès indien, a été placé en détention provisoire pour 14 jours depuis hier alors qu’il doit mener son parti aux élections partielles du 12 juin.
L’enquête du Central Bureau of Investigation (CBI) de l’Inde, avec pour cible Jagan Mohan Reddy, porte sur des investissements conséquents, dont Rs 800 millions transférées dans des « shell companies » opérant à Maurice pour être déposées au Luxembourg et même au Japon. Le parlementaire indien a été inculpé sous les articles 120-B (criminal conspiracy), 420 (cheating), 409 (criminal breach of trust) et 477A (falsification of accounts) du Code Pénal et l’article 13 de la Prevention of Corruption Act de l’Inde.
Le suspect ne dément pas les transferts de cette somme des fonds identifiés à Maurice. Il soutient toutefois n’avoir commis aucun délit de blanchiment d’argent. La presse indienne de ce matin note que « on CBI’s allegation that there were alleged investments to the tune of Rs 140 crore in his businesses by a Mauritius-based firm, Jagan said the investments are actually Rs 120 crore ». Le parlementaire du Lok Sabha nie les allegations de money laundering portées contre lui en affirmant qu’il est victime d’une vendetta politique au sein de son parti en désignant le clan des Gandhi.
Entre-temps, les limiers du CBI ont sollicité la collaboration des autorités mauriciennes par voie de rogatory letters en vue d’avoir accès et confirmation des informations de nature confidentielle sur les transferts illégaux de fonds à Maurice par ce politicien indien. Pas moins de 74 suspects sont concernés par cette enquête portant sur des « ill-gotten gains » pour un montant de Rs 7,5 milliards, dont Rs 2 milliards pour le seul compte de Jagan Mohan Reddy qui a été interpellé en Inde durant le week-end pour interrogatoire.
« It is a white collar crime committed by 74 accused, including Jagan, and so far charge sheets have been filed against 24 accused. All the accused in custody (industrialist N. Prasad and senior bureaucrat K.V Brahmananda Reddy) have revealed certain glaring facts about the case and we have to confront Jagan on the information provided », a soutenu le Senior CBI Counsel, Ashok Bhan, devant la cour spéciale instituée pour lutter contre la fraude et le blanchiment de fonds.
Le Senior CBI Counsel, justifiant la demande pour l’incarcération du parlementaire du Lok Sabha, souligne devant le tribunal que « Jagan can no longer masquerade as a victim of CBI probe. He cannot assail CBI for being victimised. He has hoodwinked the people of a huge sum of money. We will now show the people about his swindling of money. He cannot seek public sympathy. He has deprived poor people and caused them irreparable loss and in turn enriched himself by dubious mechanism by sending the funds abroad and getting the same invested in his companies ».
Mais la remarque la plus cinglante est venue du bench de la CBI Court avec le juge principal, A. Pullaiah, s’appesantissant sur le fait que « it is quite clear that the accused (Jagan), being in a position of power being a MP and president of a political party has the stature and position to influence the witnesses and tamper with evidence ».  
Le politician indien est la cinquième importante personnalité à être interpellée dans cette enquête connue comme le Disproportionate Assets Case portant sur des cas de corruption à grande échelle lors de l’octroi d’importantes concessions foncières agricoles contre de « kickbacks » majeurs. Les autres personnes concernées sont : le ministre de la Douane de l’état de l’Andhra Pradesh Mopidevi Venkatramana Rao, le conseiller financier du député Vijay Sai Reddy, le haut fonctionnaire Brahmananda Reddy et l’industriel Nimmagadda Prasad.