Les opérateurs du secteur du Global Business pensent que la diversification des produits proposés par le centre financier mauricien ainsi que les marchés ciblés est un impératif. Alors que le GIIF annonce qu’il va travailler sur ce dossier avec les autorités, des spécialistes du secteur tel Ben Lim d’Intercontinental Trust Limited ont suggéré que Maurice étudie le concept de laissez-passer pour des hommes d’affaires étrangers voulant se rendre en Afrique.
Sridhar Nagarajan, de la branche mauricienne de la Standard Chartered Bank, est d’avis pour sa part que Maurice peut se positionner comme un centre de trésorerie régional pour des sociétés internationales.
Vaughan Heberden de CIM Trustees (Mauritius) Limited et président du Board of Trustees de GIIF s’est appesanti sur la nécessité d’une diversification des produits proposés par les opérateurs du secteur du Global Business ainsi que des marchés ciblés par ces derniers, arguant que ces marchés ne doivent pas être obligatoirement ceux bénéficiant de dispositions fiscales favorables sous les traités de non-double imposition. GIIF, dit-il, a insitué un comité technique pour se pencher sur les opportunités de développer des secteurs d’activités tels le private banking, la gestion de fortunes et la révision du régime fiscal. Le groupe compte porter plus loin ses réflexions sur le développement des activités touchant le marché des capitaux, la création de Regional headquarters et des opérations touchant le secteur de la marine marchande.
Le président du Board of Trustees de GIIF a fait état, par ailleurs, des actions concertées menées avec les autorités en vue de contrer les critiques formulées contre le centre financier mauricien et pour promouvoir l’image de Maurice et du secteur du Global Business dans le sillage de la crise financière et économique globale. Cette coordination urgente entre les autorités et les opérateurs est nécessaire car les concurrents de Maurice aiguisaient leurs armes. Vaughan Heberden annonce que GIIF va, à l’avenir, travailler de concert avec le Board of Investment en vue de promouvoir Maurice comme un centre financier où la transparence est de mise.
Auparavant, le chief executive de GIIF, Nikhil Treebhoohun, a fait ressortir que malgré sa bonne tenue face à la crise, le secteur des services financiers local se doit d’être prêt pour pouvoir s’adapter à un environnement changeant. GIIF a été justement créé pour évaluer les défis à relever et établir une interaction avec d’autres parties concernées en vue de définir la voie à suivre. Pour Nikhil Treebhoohun, les actions futures doivent porter sur quatre grands axes : 1) les politiques à adopter (notamment concernant les traités de non-double imposition, l’échange d’information, entre autres), 2) le développement des produits et des marchés, 3) la création d’infrastructures (en particulier celle ayant trait à la connectivité) et 4) le développement des ressources humaines.
Plateforme financière régionale
Parlant des mesures pouvant éventuellement renforcer la capacité de Maurice en tant que plateforme financière ou centre d’affaires ciblant le marché africain, Ben Lim, directeur de l’Intercontinental Trust Ltd, a soutenu qu’il faut à travers certaines initiatives encourager les hommes d’affaires de pays tiers à utiliser Maurice comme passerelle. Il a, dans ce contexte, proposé aux autorités locales d’étudier la possibilité d’accorder un accès sans visa aux hommes d’affaires voulant se rendre en Afrique. Toutefois, ce concept de « visa free access » doit au préalable faire l’objet d’accord avec les pays intéressés. Ben Lim pense que l’iniatiative pourrait démarrer au niveau des pays de la SADC. Il suggère que le gouvernement mauricien encourage des pays africains à ouvrir des consulats chez nous.
Ben Lim a, dans la même foulée, invité les autorités à envisager l’octroi de Business Travel Cards avec les facilités de déplacement qui y sont attachées aux hommes d’affaires étangers. Cette pratique a cours dans des pays faisant partie de l’Asia-Pacific Economic Cooperation Council, et a contribué à la transformation de Singapour en un hub pour les voyages internationaux.
Le positionnement de Maurice en tant que Regional Treasury Centre est aussi une idée à explorer, a indiqué Sridhar Nagarajan, chief executive officer de la branche mauricienne de la Standard Chartered Bank. Un tel projet ferait de Maurice une plateforme de gestion de trésorerie par les institutions financières et les sociétés étrangères, et un hub pour la structuration des investissements en Afrique. Sridhar Nagarajan a fait ressortir que cette activité est déjà pratiquée par certaines grosses entreprises étrangères mais qu’il suffit de l’approfondir davantage.
Le CEO de la Standard Chartered Bank (Mauritius) Limited est convaincu que Maurice a des atouts pour être la plateforme financière régionale. Il a suggéré aux acteurs économiques locaux de tout mettre en oeuvre pour développer le marché des capitaux, améliorer l’infrastructure physique ainsi que le cadre régulatoire et veiller au développement des ressources humaines et d’un pool de professionnels.