Optimiser les potentiels des personnes avec handicap au moyen de sessions de formation et de réhabilitation. Tel est le but que se fixe le GRF Rehabilitation & Training Centre for Disabled (RTC). L’inauguration a eu lieu hier à Camp-Yoloff, Port-Louis, en présence de Shakeel Mohamed et Deva Virahsawmy, respectivement ministres du Travail et de l’Environnement, et de la lord-maire, Dorine Chuckowry.
Le président fondateur de la Global Rainbow Foundation (GRF), Armoogum Parsuramen, a fait un plaidoyer auprès des autorités pour davantage d’accessibilité aux bureaux et autres endroits publics en faveur des personnes en fauteuil roulant. En toute honnêteté, Shakeel Mohamed a reconnu que tel n’a jamais été la priorité de tous les gouvernements confondus. Il a jugé « inacceptable qu’en 2014 nos infrastructures routières ne peuvent accommoder des fauteuils roulants ».
« Vous cherchez un trottoir pour circuler en fauteuil roulant dans nos villes, c’est impossible ! Les trottoirs ne peuvent les accommoder. Vous êtes en fauteuil roulant, vous voulez vous rendre au ministère du Travail, il n’y a pas de rampe à cet effet. Vous voulez vous rendre à la Poste, impossible », a reconnu le ministre du Travail, à l’inauguration de ce centre pour personnes avec handicap. « Nous parlons de développement par milliards mais nous oublions des choses élémentaires ». Le Pr Parsuramen a de son côté plaidé pour que les autorités concernées prennent graduellement les dispositions nécessaires pour faciliter la circulation des personnes en fauteuil roulant. Il devait prendre l’exemple du bâtiment Anglo-Mauritius, à Port-Louis, abritant pourtant le bureau des Nations Unies mais n’ayant pas de rampe pour l’accès des fauteuils roulants. « Lorsque j’y ai invité Danielle Wong, présidente du Training and Employment of Disabled Persons Board, à une réunion, elle n’a pu s’y rendre ». Le ministre Deva Virahsawmy a abondé dans le même sens que son collègue Shakeel Mohamed s’agissant de l’accessibilité des personnes en fauteuil roulant et a assuré la GRF de son soutien. Il a tenu à féliciter les membres de la GRF pour leur soutien aux plus vulnérables de la société.
Pour le président fondateur de la GRF, il s’agissait hier d’un « moment très spécial » car « nous franchissons un grand pas avec la création de ce centre ». M. Parsuramen a indiqué que le bâtiment abritant le centre, une ancienne résidence des Naiken Gopala, a été bienveillamment mis à la disposition de l’ONG par la famille prénommée. « Il y avait beaucoup de travaux à faire et nous avons eu recours à l’aide bénévole du constructeur Taylamay. Nous avons aménagé une toilette adaptée pour les enfants handicapés alors que le ministre de l’Environnement a envoyé une équipe de personnes pour repenser le jardin et la plantation de légumes ».
La mission principale de la GRF, devait préciser M. Parsuramen, est l’accompagnement des personnes avec handicap et la lutte pour que leurs droits soient reconnus. « Malgré leur handicap, Dieu leur donne des choses spéciales que nous n’avons pas », a-t-il ajouté tout en prenant l’exemple de cette femme née sans bras, Jessica Cox, mais qui vit comme tout le monde et qui pilote même un avion au moyen de ses pieds. Dans cette même ligne de pensée, il a dit son admiration pour Jane Constance, cette jeune Mauricienne à la voix d’or, aveugle de naissance, qui aura la chance de se produire en concert à Paris en décembre prochain (voir hors-texte).
Le président fondateur de la GRF affirme que « nous voulons voir la capacité de ces personnes et non leur handicap. Il nous faut pouvoir leur permettre de développer leur potentiel et c’est ainsi qu’elles pourront rayonner ». Les bénéficiaires du GRF Rehabilitation & Training Centre for Disabled se verront offrir un service holistique. Un médecin, un physiothérapeute, un thérapeute occupationnel (traitement et réadaptation des malades mentaux chroniques), un orthophoniste, un psychologue, des formateurs en informatique, joaillerie et couture ainsi qu’une personne assurant une thérapie de l’art et du rire apportent leur service au centre.
Le Pr Parsuramen a par ailleurs insisté sur l’employabilité des personnes avec handicap. Si selon la loi, toute compagnie employant pus de trente-cinq personnes est tenue de recruter 3 % de personnes avec handicap comme personnel, tel n’est malheureusement pas le cas, dit-il. « La GRF forme actuellement 125 personnes handicapées en vue de l’obtention d’un emploi et jusqu’ici nous avons pu trouver un emploi à 45 d’entre elles. Ces personnes ont le droit au travail. Il ne faudrait pas les recruter par sympathie mais pour ce qu’elles peuvent faire ».
Pour sa part, la lord-maire a vu dans cette initiative « une cause vraiment noble ». Elle a pris la décision hier, en son nom personnel et non en tant que maire, de faire un don d’une série d’ordinateurs aux personnes handicapées. Elle a appelé l’assistance à faire du soutien à ce groupe de personnes une forme de prière.