Invité à participer au MCB Indian Ocean Amateur Open 2017 qui s’est tenu hier au Heritage Golf Club à Bel Ombre, Pierre Pellegrin a dû consentir à des sacrifices afin de réussir le swing parfait. Lui, ancien footballeur qui étudie à la TGSE Paul Mackenzie Golf Academy à Cape Town en Afrique du Sud.
 
Ses débuts
Passionné depuis tout petit par le ballon rond, ce jeune homme âgé de 19 ans avait tout pour devenir un grand footballeur. Ayant bénéficié d’un stage à Manchester United, à Brest en France  et ayant aussi été sélectionné régulièrement en équipe nationale U15 et U20, l’ancien milieu offensif a dû mettre un terme à sa passion pour privilégier ses études. « Le football était ma vie et je voulais en faire mon métier. Quand je me réveillais le matin, je ne pouvais quitter la maison sans toucher le ballon. Cependant, jongler entre le foot et les études était compliqué car s’entraîner six jours sur sept était difficile. L’année que j’ai passé mon baccalauréat, j’ai dû abandonner le foot, à contrecoeur. »
À tout juste 16 ans, l’ancien footballeur avait eu des offres d’équipes mauriciennes, notamment du champion de Maurice 2014-15, le Cercle de Joachim, mais il n’a pas voulu signer car déçu du traitement de la MFA (Mauritius Football Association). « Lorsque Joe Tshupula était l’entraîneur de l’équipe curepipienne, j’ai eu une proposition de la part de ce club, mais j’ai refusé, car je pense que, physiquement, je n’étais pas prêt à jouer en première division. Par ailleurs, j’estime que la MFA devrait revoir son approche », déclare le jeune golfeur.
 
La transition 
En septembre 2015, il change de terrain tout en restant dans le vert. « Mon ami Alban de Chalain et son père Nicolas m’ont dirigé vers le golf. De là j’ai commencé à frapper des balles et surtout je découvrais de nouveaux paysages qui m’ont immédiatement séduit. Ensuite, je me suis dis pourquoi ne pas commencer ce sport. » Pendant un an, le golfeur est sous la supervision de l’entraîneur Gavin Minkley. « Il m’a appris les bases du golf et la discipline qui y règne. » Comme tout débutant, cela a été difficile pour lui. « Au début c’était compliqué, car je suis passé « du pied à la main ». Mais j’ai travaillé et je faisais ses sacrifices. » Pierre Pellegrin a aussi eu du mal à s’acheter ses équipements, mais il a pu compter sur l’aide d’Alban de Chalain et Gavin Minkley. « Sans leur soutien, je ne sais pas si j’aurais pu continuer à faire du golf », avoue-t-il.
L’ancien élève de l’École du Centre et du Lycée des Mascareignes vit une nouvelle aventure depuis neuf mois à la TGSE Paul Mackenzie Golf Academy à Cape Town en Afrique du Sud. « C’est grâce à Gavin Minkley que j’ai entamé les procédures afin d’intégrer l’académie. Après mes études, le diplôme m’aidera à passer professionnel et à être entraîneur de golf. Je ne pense pas que les études sont faciles ou difficiles, si vous savez ce que vous voulez faire, en grandissant, peu importent les obstacles qui se mettront sur votre route, vous allez tout faire afin de réaliser votre rêve », déclare le golfeur, qui n’a pas tardé à s’illustrer sur la terre des Bafana-Bafana en remportant son premier tournoi organisé par l’Académie la semaine dernière.
 
Sponsors
Outre une bonne endurance, le golf requiert du pratiquant un mental de fer. « Selon moi, le golf c’est 90% mental et 10% physique. Certes, je me maintiens en forme grâce à des séances de musculation régulière, mais tenir un tournoi qui peut durer près de 4h ou plus, cela peut être déstabilisant mentalement », avance-t-il. « J’ai commencé sans même savoir frapper à la balle. Maintenant j’arrive à jouer les yeux fermés. C’est le travail et l’envie de réussir qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui », ajoute le jeune homme.
Celui-ci a fait la rencontre d’un autre jeune prodige des fairways, Samuel Simpson, âgé de seulement de 15 ans. Même si la rivalité avec le Sud-Africain est présente, hors du green, cela ne les empêche pas d’être de très bons amis. « Lors du championnat de l’académie, je l’ai battu d’un shot. C’est un jeune joueur impressionnant sur chaque compétition. Il m’épate par ses prestations et j’aime beaucoup jouer avec lui », nous dit le Mauricien.
Le golf est une discipline qui nécessite un apport financier important. Même si Pierre Pellegrin a le soutien de sa famille, il lance un appel aux sponsors qui pourront bien l’aider lors de ses prochaines compétitions. « C’est vraiment difficile de trouver les sponsors parce que, financièrement, le golf demande beaucoup. Je suis vraiment reconnaissant envers mes parents qui m’ont soutenu jusqu’ici. La contribution d’un sponsor m’aidera maintenant à évoluer dans cette discipline. Sans équipements ce sera vraiment difficile pour moi », confie-t-il.
Le jeune homme revient sur l’importance du support familial. « Mes parents, mon oncle Denis sont toujours là à me motiver. Je suis très proche d’eux. Certes, je me suis fait des amis en Afrique du Sud, mais rien ne remplace la famille », nous dit-il avec beaucoup d’émotion. « Je souhaite remercier toutes les personnes qui contribuent à ma réussite. Le chemin sera long et j’irai jusqu’au bout », promet Pierre Pellegrin.