Si certains au sein du parti avaient laissé comprendre leur réticence face au projet de loi Good Governance and Integrity Reporting Bill, le leader du Muvman Liberater est venu clarifier les choses hier. Lors d’une conférence de presse, à son quartier-général à Rose-Hill, Ivan Collendavelloo a confirmé son soutien ainsi que celui de ses députés à la loi Bhadain. « Le comité exécutif du ML à l’unanimité approuve le projet » a-t-il indiqué à maintes reprises pour démontrer l' »immense satisfaction du ML face à ce projet ». Ce, même si le parti a certaines réserves sur le dossier, plus particulièrement en ce qui concerne l’Integrity Reporting Services Agency. Le ML compte soulever ce point avec le groupe parlementaire.
« Bann kamarad ML pe donn enn coud me effectif a sa proze de lwa la. Ce vre ki ena tin fer enn bann comenter me kan noune byen coze ek byen reflesi, nou tou nou truve ki sa proze ki kapav amenn ameliorasyon », a d’emblée expliqué Ivan Collendavelloo. Il indique qu’en son nom personnel il fera un discours au Parlement pour dire qu’il donne son « full soutien » à ce nouveau projet de loi. Il indique cependant que certains aspects de cette loi méritent que l’on s’y attarde plus longuement et que le ML a quelques réserves. À titre d’exemple, il cite l’Integrity Reporting Services Agency. « Il faudrait savoir si on peut élargir, s’il y a d’autres améliorations. Nous en discuterons avec le groupe parlementaire. Mais le ML est pour ce projet de loi », dit-il.
Évoquant les raisons qui motivent le ML à soutenir le projet Bhadain, il fait ressortir que « la corruption et le trafic de drogue ont pollué l’île Maurice pendant trop longtemps et il y en a qui ont amassé des fortunes illégalement ». Il cite en exemple le cas de la BAI qui, selon lui, « inn amas miliar lor ledo bann morisyen ». Il y a également des « scandal bann gran trafikan ladrog » ou encore « dimoun ki dan de an vann kotomili apre aste sato », dit-il.
Après avoir dénoncé « la campagne hystérique que mène l’opposition, qui a sûrement quelque chose à cacher » et mentionné brièvement « l’hystérie de Mme Danielle Selvon du MSM à la radio »,  Ivan Collendavelloo a conclu en disant que si l’on y met un peu de bon sens, la nouvelle loi n’a rien de compliqué et sera facile à appliquer. Le leader adjoint du ML a aussi abordé ce dossier, évoquant le principe de la proportionnalité, qui concernera avant tout les richesses disproportionnées et inexpliquées, mais aussi l’effet rétroactif sur une base de sept ans de cette loi. Pour Anil Gayan, il s’agit d’une période de prescription raisonnable pour être en mesure de savoir qu’il s’agit de biens mal acquis ou pas. Abordant le droit fondamental à la propriété, il soutient que les Mauriciens n’ont pas de crainte à avoir, car avec la loi Bhadain, ce sont uniquement ceux qui ont mal acquis leurs biens qui seront incriminés. « Sa la lwa la importan pou enn pays ki anvi netoye li de tou bann pouritir », dit-il.