La Governance Review de la gestion de SICOM, présentée comme State-Owned Enterprise and Public Interest Entity, démarre aujourd’hui avec la soumission des dossiers relatifs au ministère de la Bonne gouvernance. Justifiant cette démarche, le ministère concerné souligne qu’elle a été envisagée « with a view to preventing risks of malpractices and irregularities » et qu’elle sera axée sur sept points majeurs.
À ce matin, très peu d’informations ont transpiré pour essayer de confirmer si tous les dossiers relatifs ont été assemblés en vue d’être soumis aux autorités concernées. Mais la décision de cette Governance Review a jeté un froid entre SICOM et le ministère sous la responsabilité de Roshi Bhadain, qui est également celui de tutelle de SICOM, soit celui des Services financiers.
Dans l’entourage de la Chief Executive Officer de SICOM, Karuna Bhojeedhur-Obeegadoo, l’on fait comprendre que les Terms of Reference de cette Governance Review sont Tailor-Made, car elles concernent les salaires et rémunérations des membres de la direction générale, le deal avec Rakesh Gooljaury pour l’acquisition de 13 807 m2 de la SICOM Tower, à Ébène, pour un montant de Rs 579 millions sans aucun recours à des appels d’offres, ainsi que le placement de Rs 800 millions des fonds de SICOM à l’ancienne Bramer Bank de Dawood Ajum Rawat, le poste de directeur indépendant de la CEO sur d’autres institutions financières, notamment la Mauritius Commercial Bank.
Toutefois, la dernière attribution notamment est celle de « reviewing suspected misuse of vehicles and other assets of SICOM Ltd by management and/or other employees ; and any other relevant issue pertaining to the above, which may come to light during this review ». À ce titre, des dénonciations en règle ont été adressées récemment à la présidence du board de SICOM et ciblant la CEO de même que deux autres hauts cadres, présentés comme des « complis ki konplot ansam pou pran bann desizion kont lintere bann anplwaye ».
Cette lettre de dix pages comprend toute une série d’allégations au sujet de l’utilisation de voitures officielles de SICOM à des fins privées ou encore des abus dans la politique de recrutement au cours de ces dernières années avec des proches de politiciens de tous bords favorisés. Des copies de cette lettre ont été adressées au Prime Minister’s Office, au ministère des Finances, à l’Independent Commission Against Corruption et à la presse.