C’est le plus important accord financier signé aux Etats-Unis : le géant Google a accepté de verser un demi milliard de dollars pour la diffusion de publicités illégales.
Le géant de l’internet Google a consenti à un des plus importants accords jamais atteints aux Etats-Unis avec le versement de 500 millions de dollars aux autorités américaines, qui le poursuivaient pour avoir accepté de promouvoir des médicaments illégaux.
Le moteur de recherche a plus précisément diffusé « des publicités de pharmacies en ligne basées au Canada ciblant les consommateurs américains et important illégalement des médicaments nécessitant des prescriptions aux Etats-Unis », selon le ministère de la Justice (DoJ). Google a reconnu sa responsabilité.
« Nous avons interdit la promotion de médicaments sous ordonnance aux Etats-Unis par des compagnies pharmaceutiques canadiennes il y a déjà un moment », a indiqué un porte-parole du groupe dans un courriel à l’AFP. « Mais il est évident avec le recul que nous n’aurions pas dû accepter ces publicités sur Google dès le départ », a-t-il ajouté.
La somme que le groupe a accepté de verser correspond au remboursement de l’argent récolté par Google grâce aux recettes de ces publicités et par les compagnies pharmaceutiques canadiennes à la suite de la vente de leurs produits aux Etats-Unis, précise le DoJ. Le groupe écarte ainsi les risques de poursuites judiciaires.
Enquêtes à suivre
Mais il n’est pas à l’abri d’autres procès aux Etats-Unis ou en Europe, où Google fait l’objet d’enquêtes des autorités de la concurrence. Selon le Wall Street Journal, l’investigation américaine sur un possible abus de position dominante se concentre sur le système d’exploitation Android et le moteur de recherche.
Commentant la décision de mercredi, le procureur James Cole a indiqué que « le ministère de la Justice (allait) continuer à demander des comptes aux entreprises qui violent la loi fédérale à la recherche du profit et mettent en danger la santé et la sécurité es consommateurs américains ».
Les lois américaines interdisent l’envoi par des entreprises étrangères à des consommateurs aux Etats-Unis de médicaments nécessitant une ordonnance. « Google était conscient dès 2003 » que cette activité était illégale, soulignent les autorités. Il avait d’ailleurs bloqué les publicités provenant de laboratoires étrangers autre que canadiens.
L’accord conclu entre le géant de l’internet et les autorités permet de « s’assurer que Google va réformer ses pratiques abusives de publicités provenant de ces sociétés pharmaceutiques », a noté le procureur James Cole. Quand l’entreprise a appris l’existence d’une enquête sur ce sujet, elle a ainsi demandé aux laboratoires souhaitant promouvoir leurs produits sur son site d’être certifiés par le conseil américain des pharmaciens. 
Et elle a engagé une entreprise indépendante pour « améliorer la détection des promoteurs de produits pharmaceutiques exploitant les failles dans le système de contrôle de Google », indiquent les autorités. Le montant de l’accord, « un des plus importants jamais conclu aux Etats-Unis », va aussi permettre « non seulement de retenir l’attention de Google, mais aussi l’attention de tous ceux qui contribuent au problème des médicaments aux Etats-Unis », a noté le ministre de la Justice de l’Etat du Rhode-Island (nord-est), qui a mené l’enquête, Peter Neronha.
Cette affaire avait été révélée en mai, quand Google avait indiqué qu’il provisionnait 500 millions de dollars à cette intention. Cette opération avait alors ramené le bénéfice net du premier trimestre à 1,798 milliard de dollars, contre 2,298 milliards annoncés le 14 avril.