L’efficacité et la sécurité de la plateforme financière mauricienne pour structurer des opérations commerciales ainsi que l’investissement et le développement des affaires en direction de l’Afrique ont été une nouvelle fois évoquées hier par les autorités mauriciennes lors du lancement officiel d’un réseau africain de bonne gouvernance des entreprises (African Corporate Governance Network), à l’hôtel Hilton. Ce réseau regroupe déjà une dizaine d’instituts de directeurs africains et sa présidence a été confiée à Jane Valls, Chief Executive du Mauritius institute of directors.
Devant un parterre composé de représentants de divers instituts de directeurs d’Afrique, de hauts responsables d’institutions internationales – dont la NEPAD Business Foundation –, de la Société financière internationale (guichet secteur privé de la Banque mondiale), d’universitaires, de financiers et représentants d’organisations et sociétés régionales, le ministre conseiller aux Affaires étrangères, Deepak Gokulsingh – qui donnait lecture d’un discours préparé pour le chef de la diplomatie mauricienne (le Dr Arvin Boolell était pris dans une autre fonction officielle) – s’est attardé sur le rôle de Maurice pour promouvoir l’intégration économique régionale et le positionnement du pays en tant que plateforme capable de structurer les investissements en provenance notamment des pays d’Asie vers le continent africain. Deepak Gokulsingh a fait référence, entre autres, au rôle actif de Maurice au sein de la SADC et du Comesa, au réseau de traités de non-double imposition et d’accords de promotion et de protection des investissements conclus avec nombre de pays africains, au système légal moderne dont dispose Maurice et au « pool of professionals » basé localement. Maurice, a-t-il rappelé, s’est lancée récemment avec quatre pays africains dans l’exécution rapide d’un programme d’intégration économique et participe par ailleurs à plusieurs initiatives avec d’autres instances de la sous-région.
« The Government has the ambition to establish Mauritius as an international commercial arbitration centre with the aim to provide a modern jurisdiction for arbitration », a annoncé le ministre conseiller. Pour ce dernier, la création d’un tel centre est important pour l’investissement et le développement des affaires. Plusieurs sociétés, dit-il, sont en train d’inclure les clauses sur l’arbitrage préparées par Maurice dans leurs contrats.
Deepak Gokulsingh a laissé entendre que la mise en place de l’African Corporate Governance Network (ACGN) arrive au bon moment et était attendue depuis longtemps. Les institutions publiques et privées, a-t-il poursuivi, doivent rester au diapason des développements sans précédents dans le monde afin de pouvoir soutenir la croissance économique rapide que connaît l’Afrique. La dynamique géopolitique en Afrique a changé, a déclaré le ministre-conseiller. « Democracy and the rule of law are well established in most african countries. Many african countries are climbing up the ladder of ease of oding business and competitiveness index. This makes Africa an Africa an attrative destination for investment and business », a-t-il ajouté.
Pour la baronne Lynda Chalker, ancien membre du Parlement britannique et fondatrice d’Africa Matters Ltd, la création d’un réseau africain de gouvernance d’entreprise est une « excellente décision » et il est « réjouissant de noter que le lancement du réseau ait lieu à Maurice ». Ancien ministre de l’aide au développement international, Lynda Chalker, qui a effectué plusieurs visites à Maurice dans le passé, a soutenu que des progrès ont été réalisés au niveau de la gouvernance en Afrique, mais qu’il y a encore « un long chemin à faire ». Elle a plaidé en faveur du développement des capacités des dirigeants et chefs d’entreprises. « Dans bon nombre d’entreprises, la bonne gouvernance est assumée, mais il n’y a pas de véritable suivi », a-t-elle souligné.
La baronne Lynda Chalker est d’avis que tout homme d’affaires ou entreprise souhaitant investir dans un projet ou une société se doit de procéder à une investigation minutieuse et profonde de la compagnie avec laquelle il souhaite établir un partenariat. L’absence d’une « deep due diligence » peut, selon elle, être désastreuse pour tout investisseur. « Il y a beaucoup d’hommes d’affaires qui veulent investir en Afrique mais qui n’ont pas encore mesuré l’importance de la bonne gouvernance et des effets de la corruption », a-t-elle ajouté.
Le lancement de l’ACGN a été organisé en marge de la conférence « Africa Rising », qui s’est ouverte ce matin à l’hôtel Hilton, Wolmar. Organisée par le MIOD et l’Institute of directors of southern africa, la conférence – qui réuni pas moins de 150 participants étrangers ainsi que des délégués locaux – a pour objectifs de mettre en valeur les perspectives macroéconomiques en Afrique, les réalisations de différentes entreprises et d’hommes d’affaires africains, le développement de l’entrepreneuriat sur le continent, le secteur bancaire africain, les opportunités d’investissements et les écueils à éviter, la promotion de l’éthique dans les affaires, la création d’un environnement facilitant le développement de l’entreprise et les enjeux de la bonne gouvernance.