Le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM) a situé une fois encore ce matin les responsabilités des boards des banques commerciales dans la gouvernance de ces institutions, leur rappelant qu’ils ne sont pas seulement des comptables à l’égard des actionnaires mais aussi et surtout vis-à-vis du pays. « Après la crise financière qui s’est déclenchée ces dernières années, je ne vois aucun régulateur du secteur bancaire se replier et permettre un laisser-faire », a déclaré Manou Bheenick, à l’ouverture d’un atelier du Mauritius Institute of Directors (MIoD) à l’hôtel Le Laboudonnais et réunissant des directeurs et hauts cadres de diverses banques et autres institutions financières.
Consacré à l’examen des dernières directives de la banque centrale sur la gouvernance des banques, l’atelier du MIoD a donné l’occasion à Manou Bheenick de mettre l’accent sur le rôle des conseils d’administration des banques dans la bonne gestion de leurs entreprises et d’attirer leur attention sur le fait qu’à travers les nouvelles directives, la BoM veut ramener le secteur bancaire local « back to basics » car, en prenant en référence les faillites bancaires de ces dernières années, les autorités bancaires ne peuvent se permettre de laisser une situation pareille se répéter. Le gouverneur de la banque centrale a expliqué que les conséquences de la faillite d’une compagnie privée ne sont pas les mêmes comme c’est le cas pour une banque. L’effet contagion de l’échec d’une banque sur le système financier et l’économie d’un pays, avec la perte de confiance qu’il entraîne dans son sillage, a été souligné par le gouverneur de la BoM.
« Les banques ne peuvent avoir la liberté de faire de ce qu’elles veulent. Et après la crise de ces dernières années, je ne vois pas un régulateur de ce secteur se rétracter pour laisser les opérateurs faire ce qu’ils désirent », a fait comprendre Manou Bheenick. Il a laissé entendre que dans le passé, l’autoréglementation, voire l’application de règlements fondés sur des principes de base, était de mise. De grandes banques internationales se sont lancées dans des opérations en toute liberté sans tenir compte du risque qu’elles faisaient courir sur les économies où elles étaient représentées. « This type of failure of boardrooms cannot be allowed to be repeated », a déclaré le gouverneur. Il a estimé que la probabilité, la comptabilité et la transparence sont au coeur de la bonne gouvernance et il appartient au board d’assurer qu’elle soit de mise au sein des institutions bancaires. C’est aussi pour cette raison, a poursuivi Manou Bheenick, que le régulateur doit veiller à ce que ceux qui font partie des conseils d’administration soient des personnes intègres et ayant les capacités nécessaires pour mener à bien leurs responsabilités.