Maurice a conservé sa première place au classement 2015 du Mo Ibrahim Index sur la gouvernance en Afrique mais son score (79,9 points sur un total de 100) a diminué depuis 2014 (81,4 points). Selon Elizabeth McGrath, directrice de l’Ibrahim Index of African Governance (IIAG), la gouvernance sur le continent semble stagner, car ces quatre dernières années l’indice pour l’ensemble des 54 pays du continent n’a progressé que de 0,2 point pour atteindre une moyenne de 50,1 points en 2015.
L’IAAG est calculé à partir de différentes données, regroupées sous quatre grands critères : Sécurité et Etat de droit, Développement économique durable, Participation et Droits de l’Homme et Développement humain. Plus de 90 indicateurs sont analysés pour les besoins du calcul de l’IAAG, qui couvrent divers domaines allant de la stabilité politique et économique à la tenue d’élections libres en passant par l’infrastructure, la corruption, la pauvreté, la santé et l’éducation. Maurice a réalisé les scores suivants sous les quatre critères susmentionnés : Sécurité et Etat de droit (82,7 points, soit 1er ex aequo avec le Botswana); Participation et Droits de l’Homme (73,8 points – 5e) ; Développement économiques durable (77,5 points – 1er), Développement humain (85,7 points – 1er).
« Dans 21 pays, dont cinq figurent parmi les dix pays en tête du classement, le résultat global s’est détérioré depuis 2011 », déclarent les auteurs du rapport, qui observent également que six pays seulement ont enregistré une amélioration dans chacune des quatre catégories de l’IIAG : la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Rwanda, le Sénégal, la Somalie et le Zimbabwe. « La tendance générale dans le continent masque des performances contrastées au niveau régional, amenant à un écart croissant entre les différentes régions. » L’Afrique australe demeure la région la plus performante, avec un score moyen de 58,9, suivie par l’Afrique de l’Ouest (52,4), l’Afrique du Nord (51,2) et l’Afrique de l’Est (44,3). L’Afrique centrale est la région qui enregistre le score le plus faible (40,9), son niveau s’étant détérioré depuis 2011.
La faible amélioration du niveau global de gouvernance du continent est expliquée par les progrès enregistrés dans deux catégories seulement, soit Développement humain et Participation et Droits de l’Homme (+1,2 point et +0,7 point respectivement). Concernant les deux autres catégories, Développement économique durable et Sécurité et État de Droit, une détérioration (-0,7 point et -0,3 point respectivement) a été notée.
« Bien que nos concitoyens africains soient certainement dans l’ensemble en bonne santé et vivent dans des sociétés plus démocratiques qu’il y a 15 ans, l’IIAG 2015 montre que l’évolution récente sur le continent dans d’autres domaines clés est soit au point mort, soit en déclin, et que certains pays majeurs semblent marquer le pas. C’est un signal d’alarme pour chacun d’entre nous. Seules des améliorations partagées et durables dans chacun des domaines de gouvernance assureront aux Africains l’avenir qu’ils méritent et exigent », souligne Mo Ibrahim, président de la Fondation Mo Ibrahim.
La fondation relève qu’avec un score global de 79,9 points en 2014, Maurice se situe à plus de 70 points d’écart de la Somalie, qui enregistre un score de 8,5 points. De plus, les trois pays en tête du classement (Maurice, le Cap Vert et le Botswana) ont tous enregistré au cours des quatre dernières années un repli de leur niveau global de gouvernance ainsi que dans au moins deux des quatre catégories. Ce qui amène les auteurs du rapport à s’interroger sur leur capacité à conserver leur position dominante à l’avenir.