Maurice se classe en tête du classement des 52 pays africains selon l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2013, publié hier. Maurice est l’un des huit pays – avec l’Afrique du Sud, le Botswana, le Cap Vert, le Ghana, la Namibie, les Seychelles et la Tunisie – n’ayant jamais quitté le haut du classement de l’IIAG depuis 2000.
L’IIAG 2013 montre un creusement des écarts de performances en termes de gouvernance entre les pays africains. Cette année, Maurice a obtenu des scores dix fois plus élevés que la Somalie, le pays le moins performant.
L’IIAG 2013 évalue la performance de chaque pays dans quatre catégories de gouvernance : Sécurité et souveraineté du droit, Participation et droits de l’homme, Développement économique durable et Développement humain.
Maurice occupe la première place dans la catégorie Développement économique durable, ainsi que dans les sous-catégories Sécurité individuelle, Environnement des entreprises et Protection sociale. La catégorie Développement économique durable évalue notamment les conditions favorables au développement économique, notamment une bonne gestion publique, la compétitivité de l’environnement des entreprises et l’existence d’infrastructures solides.
L’IIAG 2013 montre que 94 % de la population du continent – y compris les Mauriciens – vivent désormais dans un pays où le niveau global de gouvernance s’est amélioré depuis 2000.
Les 6 % restants vivent dans un pays où le niveau global de gouvernance s’est détérioré depuis 2000 : Madagascar, l’Érythrée, la Guinée-Bissau, la Somalie, la Libye et le Mali.
Résultats de Maurice  dans l’IIAG 2013
Maurice occupe la première place (sur 52) au classement général. Elle enregistre un score de 82,9 (sur 100), plus élevé que la moyenne africaine (51,6). Le pays obtient un score plus élevé que la moyenne régionale de l’Afrique australe (59,2). Son score s’est amélioré de + 7,3 points par rapport à 2000. Maurice se classe première sur les 12 pays d’Afrique australe. Elle obtient son meilleur classement dans la catégorie Développement économique durable (première sur 52) et obtient son plus mauvais classement dans les trois catégories Sécurité et souveraineté du droit, Participation et droits de l’homme et Développement humain (deuxième sur 52). Maurice obtient son meilleur classement dans les trois sous-catégories Sécurité individuelle, Environnement des entreprises et Protection sociale (première sur 52), et son plus mauvais classement dans la sous-catégorie Parité (onzième sur 52).
Le septième Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) confirme la progression générale du niveau global de gouvernance à l’échelle du continent. De fait, les pays dont la qualité de la gouvernance s’est améliorée depuis 2000 représentent aujourd’hui 94 % de la population du continent.
Depuis 2000, les améliorations les plus significatives observées à l’échelle continentale se situent dans les catégories Développement humain et Développement économique durable ainsi que, dans une moindre mesure, dans la catégorie Participation et droits de l’homme. En revanche, la catégorie Sécurité et souveraineté et de droit décline de manière préoccupante d’année en année depuis 2010.
Au-delà de cette tendance générale positive, l’IIAG 2013 fait apparaître un élargissement de l’éventail des résultats de gouvernance, voire des évolutions divergentes, entre pays d’abord, mais également entre les différentes catégories qui composent l’Indice, et en leur sein même.
Pour Mo Ibrahim, président de la Fondation Mo Ibrahim, « ni l’afro-pessimisme ni l’afro-optimisme ne rendent justice à l’Afrique d’aujourd’hui. Il est temps de faire place à l’afro-réalisme et de faire preuve de lucidité sur notre continent. Certes, il convient de saluer le chemin parcouru. Mais il importe aussi de se montrer pragmatique face aux défis auxquels notre continent se trouve confronté. »
Tendances divergentes
Au sein même de la catégorie Sécurité et souveraineté du droit, les sous-catégories qui la composent présentent des tendances divergentes.
Ainsi, si la sous-catégorie Sécurité nationale continue de progresser – l’indicateur Tensions frontalières présentant l’amélioration la plus significative – la sous-catégorie Sécurité individuelle affiche un déclin préoccupant. Quatre sur cinq des indicateurs qui la composent figurent ainsi parmi les dix indicateurs de l’Indice ayant enregistré la plus forte détérioration. La sous-catégorie Sécurité individuelle enregistre pour sa part la plus lourde dégradation depuis 2000 de toutes les sous-catégories de l’Indice.
De même, si les résultats de la sous-catégorie Redevabilité se sont légèrement améliorés depuis 2000, notamment pour l’indicateur Corruption et bureaucratie, la sous-catégorie Souveraineté du droit se dégrade.
« Sur un continent où les deux tiers de la population ont actuellement moins de 25 ans, ces tendances divergentes au sein de la catégorie Sécurité et souveraineté et de droit sont préoccupantes. Il peut s’agir d’un signal d’alarme, qui verrait l’apaisement des conflits régionaux enregistré en ce début de siècle progressivement remplacé par la montée de l’agitation sociale domestique », relève Hadeel Ibrahim, directrice exécutive fondatrice de la Fondation Mo Ibrahim.
Paysage complexe
L’IIAG 2013 illustre la complexité croissante de la situation sur le continent africain. Le principal défi consiste en effet à garantir la soutenabilité des progrès enregistrés. Plus que jamais, une affectation équitable des ressources doit être une priorité politique et stratégique. Pour progresser durablement, un engagement constant et partagé en faveur de chacune des quatre catégories de l’IIAG (Sécurité et souveraineté et de droit, Participation et droits de l’homme, Développement économique durable et Développement humain) est essentiel.
De fait, le niveau moyen de gouvernance sur le continent, soit 51,6, masque un écart croissant entre les pays : Maurice arrive ainsi en tête avec un score de 82,9, tandis que la Somalie, en queue de peloton, affiche un score de 8,0.
Entre 2000 et 2012, l’écart s’est creusé entre pays les plus performants et pays affichant les résultats les plus faibles, tant en termes de niveau global de gouvernance qu’au niveau des différentes catégories. Cela est particulièrement manifeste dans la catégorie Développement économique durable.
Pour Salim Ahmed Salim, président du Comité du Prix Ibrahim, « l’écart qui s’accroît entre les résultats de gouvernance, notamment au sein de certaines sous-régions, souligne l’enjeu du renforcement de la cohésion et de la solidarité au sein même de notre continent. C’est une condition cruciale de son unité. »