Le premier gouverneur adjoint de la Banque de Maurice (BoM) a mis les banques commerciales en garde contre les risques de non-conformité aux directives de la banque centrale concernant la bonne gouvernance de leurs organisations, indiquant que ce non-respect affectera leur notation lors de l’exercice de comptabilisation de CAMEL Ratings. Yandraduth Googoolye intervenait hier matin à l’hôtel Le Labourdonnais à l’ouverture officielle d’un atelier consacré à l’examen du « Guideline on Corporate Governance » publié par la BoM l’année dernière, et organisé par le Mauritius Institute of Directors.
Tout en faisant ressortir que la banque centrale veillera à ce que les dispositions de ce « Guideline » soient appliquées à la lettre, le premier gouverneur adjoint de la BoM a indiqué que le respect des directives sera pris en compte lors de l’élaboration de la notation des banques. Il a rappelé que pour l’exercice d’attribution des CAMEL Ratings, cinq éléments sont pris en compte : le capital, la qualité des actifs, la gestion, les revenus et les liquidités. Pour quatre (Capital, Asset Quality, Earnings and Liquidity) des cinq composants, des critères objectifs sont pris en considération, soit des données soumises par les banques commerciales à la BoM. Le cinquième (Management) composant est, par contre, basé sur des critères subjectifs, dont certains sont contenus dans les directives sur la bonne gouvernance. « The Bank therefore, expects financial institutions to comply with the provisions of the Guidelines, as non-compliance thereto will have a bearing on the Management component in the CAMEL rating of banks », a prévenu Yandraduth Googoolye.
Ce dernier a souligné lors de son exposé que la question de bonne gouvernance a pris de l’importance dans le sillage des faillites successives de sociétés et surtout de la crise financière globale. Les régulateurs ne peuvent se permettre de laisser la situation se dégrader vu que c’est l’argent du public qui est en jeu. « Regulators have the ultimate responsability of ensuring the safety and soundness of the financial system while at the same time safeguarding the interests of the depositors and the public at large », a déclaré le premier gouverneur adjoint.
La bonne gouvernance des banques a toujours été au centre des préoccupations de la BoM, a fait comprendre Yandraduth Googoolye, qui a rappelé que les premières directives furent publiées en 2001. Toutefois, au vu de l’évolution de la situation globale de la complexité des opérations bancaires et tenant compte de la crise financière, il était devenu nécessaire de revoir le code de bonne gouvernance régissant les banques.
Yandraduth Googoolye a mis l’accent sur les trois principes clés de la bonne gouvernance : l’intégrité, la transparence et l’accountability. Les nouvelles directives, a-t-il expliqué, mettent l’accent sur la responsabilité des boards, insistant sur les compétences des membres du conseil d’administration, les qualités de leaders. La promotion d’une culture de l’éthique au sein des banques et de toute organisation est cruciale, a-t-il argué, car la crise bancaire « revealed a breakdown of the values that promote trust and led to a crisis of confidence in banks ».
Les directives de la BoM, a observé le premier gouverneur adjoint, imposent des responsabilités aux directeurs et membres du senior management des banques, ces derniers étant appelés à élaborer un code d’éthique devant être communiqué à tous les membres du personnel. La rotation des directeurs (un directeur non exécutif n’étant pas habilité à rester en fonction pendant plus de six ans) est aussi évoquée dans le document préparé par la banque centrale. De plus, il est stipulé qu’un directeur ne peut siéger sur plus d’un conseil d’administration du fait d’un « potential risk of conflict of interest ». Yandraduth Googoolye a également fait référence à d’autres recommandations telles l’institution du comité d’Audit, du comité de gestion des risques, de la mise en place de systèmes de transmission des informations, de suivi de l’implémentation des stratégies, le rôle de l’audit externe et la conformité aux règlements régissant la pratique bancaire. « We view auditors as partners in our quest to have safe and sound institutions and expect the highest standards from them », a-t-il ajouté.
Notons que c’était le deuxième atelier organisé par le Mauritius Institute of Directors pour un examen des directives de la BoM sur la bonne gouvernance des banques. Le premier avait eu lieu en novembre 2012.