Première victime collatérale des récentes inondations, le directeur des Services météorologiques a demandé (ou cela lui a-t-il été imposé ?) sa mise à la retraite anticipée, conséquence des nombreuses critiques dont son service a été l’objet.
Question qui se pose : Monsieur Dunputh est-il le seul responsable de cette situation et doit-il porter seul le chapeau ? Pouvait-il effectuer des prévisions plus précises avec les moyens techniques dont dispose le service qu’il dirige ?
Personne n’ignore que le Radar du Trou-aux-Cerfs est hors d’usage depuis une dizaine d’années. La preuve ? N’est-il pas fait mention dans le discours-programme du Gouvernement Ramgoolam, en 2010, de l’achat d’un nouveau radar ? Ce projet, qui n’a pas été réalisé jusqu’ici ne figure plus dans le discours-programme 2012-2015. Pourquoi ?
Qui est responsable de cette négligence : le Directeur de la Météo ou son ministre de tutelle qui se trouve être également, et accessoirement, Premier Ministre ? Une enquête judiciaire pourrait déterminer qui, en l’occurrence, a « fané ».
Quant au Ministre Bachoo, reprenant « His Master’s Voice », il impute les inondations au changement climatique et, en vue de s’exonérer de tout blâme, annonce que des centaines de millions ont été dépensés par son ministère en nettoyage, réfection et construction de drains.
Un député, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition, ne pourrait-il pas demander que soit déposée sur la table de l’Assemblée la liste exhaustive des travaux qui auraient été exécutés avec, bien entendu, mention des entreprises qui les ont effectués et du montant de chaque contrat.
Un panel d’ingénieurs indépendants pourrait alors constater sur le terrain que les travaux commandés (et payés) ont bien été effectués dans les règles de l’art, ce qui ferait taire les rouspéteurs qui réclament, à cor et à cri, la révocation du Ministre des Infrastructures Publiques pour incompétence et négligence.
Après les évènements tragiques survenus récemment à Port-Louis, il est plus que probable qu’une commission soit bientôt chargée d’en déterminer les causes. Mais, comme tout le monde le sait, la meilleure façon d’enterrer un problème étant de créer une commission, il ne faudrait pas que le rapport des enquêteurs soit classé « top confidentiel » et aille rejoindre tous les rapports précédents, au fond d’un tiroir fermé à double tour.
Le Gouvernement vient d’inaugurer son nouveau site internet qui nous a coûté des millions. Pourquoi ne l’utiliserait-il pas pour rendre publiques les conclusions de toutes les commissions d’enquête qui ont siégé ces dix dernières années ?
L’espoir aide à vivre, autant que les illusions.