Compte tenu de notre société de consommation grandissante, la gestion des ordures constituera un problème à l’avenir, si tel n’est pas déjà le cas. Analysons donc rapidement cet état de choses que l’homme mauricien tend à prendre à la légère… Qui produit le plus gros des déchets ? Que pouvons-nous faire ?
Il me semble que le gouvernement devrait s’impliquer, plus particulièrement le ministère de l’environnement et les collectivités locales. Les ménages, après les industries et le secteur hôtelier, sont certainement les plus gros producteurs de déchets. Le fait que quelques hôtels pratiquent déjà le tri des déchets est très louable. Mais comment pouvons-nous mieux faire, avec le concours des autorités et de la population ? Ne doit-on pas se défaire de cette manie grotesque de « zett par la f’nett l’auto ek bis » ou carrément sur les rues ?
Ne réinventons pas la roue. Pourquoi ne pas pratiquer ce que nos compatriotes terrestres font dans ces pays dits « avancés ».
Mesure 1 : Les conteneurs de tri devraient être sur les aires de stationnement de tous les centres commerciaux. Ainsi les bouteilles de verre (non consignables), plastiques, conserves, cartons et autres articles non biodégradables pourraient être déposés dans ces conteneurs de tri. Les centres de transformation qui existent déjà pourraient mettre ces conteneurs à la disposition du public. Si pour certains de ces articles, il n’existe pas de centre de transformation, n’est-ce pas là une opportunité d’affaires pour certaines sociétés ou entrepreneurs ?
Mesure 2 : Ces sociétés ou entrepreneurs en devenir, qui s’engageront dans cette initiative environnementale, devraient avoir le soutien fiscal, administratif entre autres des autorités. Ceci constituerait une incitation à entreprendre, avec une obligation de réussite.
Mesure 3 : Le gouvernement devrait doter tous les ménages payant les municipalités et district councils, d’un « composteur ». Les ménages pourraient produire du composte, chose très facile, car il suffit de jeter tous ces produits biodégradables (légumes, viandes, lait, gâteaux, pains…) dans le composteur au lieu de la poubelle.
Mesure 4 : Des points de récupération de composte devraient être créés afin de récupérer cette production massive de composte par les ménages. Encore là une opportunité d’affaires pour certains de ces opérateurs. Encore une fois, les autorités peuvent apporter leur concours ! Les centres de récupération pourraient être les centres d’agriculture du gouvernement. Encore une entreprise en vue… empaquetage et revente… Aussi, tout simplement, une utilisation personnelle du composte car nous en avons de ces champs de légumes…
« Qu’est-ce qui motivera les ménages et ces entreprises ? » me diriez-vous…
Mesure 5 : Les autorités deviennent des entreprises. Les municipalités devraient faire payer les ordures ramassées au gramme près ! Ainsi, le moins d’ordures ramassé dans les poubelles des ménages, le moins le ménage paye. De l’autre côté, le composte produit est acheté par les autorités. Mais il ne doit pas y avoir de circulation d’argent, juste des factures devant être réconciliées lors du paiement final à la municipalité ou au District Council. Dans ce cas les bennes à ordure doivent être équipées d’une balance et d’une machine « POS » afin de facturer immédiatement chaque ménage. Ceci apparaîtra sur les prochaines factures du ménage. De l’autre côté, le ménage présente ses avoirs pour le composte vendu aux autorités.
Mesure 6 : La participation des autorités, la police de l’environnement, le judiciaire… Un durcissement des lois pour les pollueurs « par la f’nett » et ces pollueurs des coins perdus. Par ailleurs, il convient de doter villes, villages, plages et tout autre lieu public en poubelles, à des distances régulières et surtout des deux côtés de la route !
Ce qui est applicable au ménage est applicable aux entreprises. Et comme les entreprises sont constituées d’hommes et de femmes qui doivent appliquer la même chose dans leur foyer, la continuité en entreprise devraient être plus facile.
Nous avons là une problématique, des mesures et aussi les « stakeholders ». Avec ce qui vient d’être jeté, sur du papier non-recyclé, nous avons les bases d’un business model pour la gestion des ordures. Des entreprises peuvent être créées, de l’emploi, des revenus, des gains pour l’état et une conscience citoyenne d’avoir participé au développement durable de notre pays…
Un projet-pilote dans un village, voire une petite ville, fournira sans doute des informations plus détaillées ; et nous pourrions encore affiner ce plan, jusqu’à parvenir à des résultats concluants qui justifieraient la mise en oeuvre de l’initiative à l’échelle nationale. Soyons proactifs, essayons de conduire notre pays vers de nouveaux cieux… Gouvernons avec créativité, fermeté, originalité… car gouverner c’est prévoir.