Avec la reprise ce matin du Government Business pour 2015, l’un des premiers dossiers prioritaires atterrissant sur la table de travail du Solicitor General, Me Dhiren Dabee, Senior Counsel, n’est autre que celui des contrats de Nandanee Soornack au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal. C’est ce qu’affirment des sources autorisées à l’hôtel du gouvernement en ce début d’année. L’avis du conseil légal du gouvernement a été sollicité par les autorités concernées sur une série de querries au sujet de la validité des accords passés entre la femme d’affaires rouge, derrière l’empire d’Airway Coffee à l’aéroport, et Airports of Mauritius Ltd (AML) et Airport Terminal Operations Ltd (ATOL) depuis ces dernières années, et plus particulièrement depuis la mise en opération du nouveau terminal aéroportuaire.
L’enquête administrative, initiée au lendemain de la proclamation des résultats des élections générales du mercredi 10 décembre, a permis d’établir de manière formelle que Nandanee Soornack, aussi connue sous le sobriquet de “La Sirène” dans le giron de l’aéroport, n’est nullement en règle avec la caisse, que ce soit dans ses dealings avec AML ou encore ATOL. La facture de dettes non payées par la patronne d’Airway Coffee, qui se trouve actuellement en Europe, se monte à Rs 41 millions, soit Rs 20 millions pour AML et Rs 21 millions pour ATOL.
Cet exercice de vérification interne a confirmé l’emprise qu’exerçait Nandanee Soornack sur toutes les activités se déroulant au sein de l’Airport Terminal jusqu’à son départ en catastrophe du pays dans la soirée du jeudi 11 décembre, soit quelques heures après la confirmation de la défaite de Navin Ramgoolam aux élections générales. Pour justifier le montant des réclamations en suspens, des officiers de ces deux sociétés d’Etat à l’aéroport, interrogés dans le cadre de cette enquête interne, ont fait comprendre que la direction n’était pas sur la même longueur d’ondes qu’eux quand il s’agissait d’émettre des reminders à l’encontre de Nandanee Soornack pour lui rappeler ses obligations contractuelles.
« A l’hôtel du gouvernement, cette affaire de factures non payées pour un montant de Rs 41 millions par la compagnie Airway Coffee est prise très au sérieux. Les explications fournies à l’effet que la direction de ces deux entités d’Etat assurait une protection et une couverture sans équivoque confirment que tout était autorisé pour la protégée de Navin Ramgoolam à l’aéroport. Il était quasiment interdit de demander à Nandanee Soornack de payer ses dettes », soutiennent certaines sources, qui ont pour mandat de faire le suivi de ce dossier emblématique.
Le dossier contenant tous les contrats entre Airway Coffee et AML/ATOL devait être transmis au Solicitor General pour des legal advices nécessaires quant à la marche à suivre au sujet de ces réclamations impayées de Rs 41 millions ainsi que l’ultime décision visant à mettre un terme aux activités de Nandanee Soornack à l’aéroport avant la résiliation de tous les contrats. « Nous avons constatés que ce dossier des contrats est très complexe et nous voulons mettre toutes les chances du côté du gouvernement pour que la conclusion de la parenthèse d’Airway Coffee se fasse à moindres frais », poursuit-on à l’hôtel du gouvernement dans l’attente des conseils et recommandations du State Law Office sur ce dossier, présenté dans certains milieux politiques comme « la cause de la déchéance politique de Navin Ramgoolam aux dernières élections générales ».
Toujours en ce début d’année, un autre partenaire d’affaires de Nandanee Soornack et proche de Navin Ramgoolam, en l’occurrence Rakesh Gooljaury, est bel et bien dans la tourmente. Bien qu’il ait pris des distances de la galaxie Soornack depuis des mois déjà, l’homme derrière la SICOM Tower à Ébène se verra rattraper par l’affaire du campement de l’ancien Premier ministre de Roches-Noires. La déposition au sujet d’un cambriolage dans ce bungalow dans la nuit du 3 juillet 2012 a été consignée en son nom. Ce matin, dans les milieux proches du Central CID, on affirmait qu’après l’enquête pour le délit de diffamation criminelle contre le leader du MSM et son épouse, Kobita Jugnauth, le prochain dossier qui sera traité en priorité devrait être celui du cambriolage du campement de l’ancien Premier ministre. Les dernières informations versées indiquent que, contrairement à ce qu’il avait déclaré à la police à l’époque, Rakesh Gooljaury n’était pas présent sur les lieux « at the material time ».
La réouverture de l’enquête sur l’épisode du campement de Roches-Noires a pour but initial de faire la démonstration que le dénommé Gooljaury « nek ine pran charge sa zafer-la ». Avec une telle confirmation, les enquêteurs du Central CID devront déterminer à qui aurait profité ce camouflage, mais aussi de qui émanaient les instructions pour un tel cover-up ou encore qui étaient présents sur les lieux au moment des faits. « Rakesh Gooljaury est pris dans une zone de turbulence », indiquait-on aux Casernes centrales ce matin sans apporter de précisions quant au calendrier des événements à venir…