Depuis mercredi, avec la confirmation du forfait du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, quant à la visite officielle du président malgache pour les fêtes nationales du 12 mars, les rounds de consultations au plus haut niveau du gouvernement et du MSM se poursuivent. En début de soirée d’hier, un grain de sable a bloqué un Face-Saving Device, qui avait été agréé pour une sortie de crise politique avec la bronchite du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Des objections formelles et virulentes ont été logées contre un éventuel retour d’Etienne Sinatambou au ministre des TIC et de l’Innovation, portefeuille actuellement attribué au ministre Roshi Bhadain depuis la démission du leader du MSM, Pravind Jugnauth, du gouvernement au début de juillet de l’année dernière. Les échanges devront reprendre en cours de journée en vue d’une annonce officielle dès lundi d’un éventuel réaménagement des responsabilités ministérielles au sein du gouvernement.
La formule envisagée à hier après-midi au plus haut niveau du gouvernement pour cette sortie de crise, comprenait la mutation de Vishnu Lutchmeenaraidoo au ministère des Affaires étrangères avec pour explication d’insuffler un nouvel élan à la diplomatie économique de Maurice, la nomination de Roshi Bhadain en tant que ministre des Finances et du Développement économique et le come-back d’Etienne Sinatambou au ministère des TIC et de l’Innovation. Mais à peine cette proposition énoncée qu’a surgi une vague de contestations au plus haut niveau, que ce soit sur le plan politique ou au sein de la Fonction publique, compte tenu des retombées du premier passage d’Etienne Sinatambou à ce même ministère sous le gouvernement de Navin Ramgoolam en 2005. Les objections auraient fait mouche, et les ardeurs complètement refroidies.
À ce matin, les indications sont que les consultations sur cette éventuelle Musical Chair au sein du gouvernement devront reprendre après la visite de courtoisie et la séance de travail du président malgache, Hery Rajaonarimanpianina, au Treasury Building, à la mi-journée. Très peu d’indications ont filtré quant aux nouvelles orientations qui pourront être adoptées avec probablement d’autres portefeuilles ministériels impliqués dans la conjoncture. Toutefois, force est de constater que le principal concerné, en l’occurrence Vishnu Lutchmeenaraidoo, s’est muré dans un silence assourdissant, préférant attendre l’échéance de lundi prochain.
Néanmoins, un retour à la sérénité et à la normale au ministère des Finances dans les prochains jours sera marqué par un développement de premier plan. Les conclusions des Article IV Consultations 2015 du Fonds monétaire international (FMI), portant sur la performance de l’économie au cours de l’année écoulée, la validation des options retenues dans le premier budget de L’Alliance Lepep, les avenues de réforme économique et encore les Ponzi-Like Schemes du groupe BAI avec un préjudice de Rs 25 milliards, chiffre révélé par la Banque de Maurice, devront être publiées dans les quinze prochains jours au plus tôt.
En effet, le calendrier officiel du Board of Directors  du FMI prévoit que le dossier de Maurice soit inscrit officiellement à l’agenda de la réunion du jour, le site Web du FMI faisant foi. Les membres du conseil de direction de cette institution financière internationale se pencheront sur le Staff Report élaboré par la mission dirigée par Martin Petri en début d’année et donneront le feu vert au Statement de l’Executive Director sur l’économie de Maurice. Il ne fait aucun doute que le problème de l’endettement national, qui a atteint la barre des Rs 260 milliards, soit 63,8% du PIB, à la fin de l’année dernière, et les retombées de l’écroulement de l’empire Dawood Ajum Rawat sur le secteur financier, en particulier la détérioration de l’Impairment Ratio, avec le montant conséquent des Non-Performing Loans attribués à Dawood Rawat et consorts dans les livres de comptes des banques commerciales, figureront en bonne place dans le rapport.
Le dernier Staff Economic Report du FMI sur Maurice remonte au 21 avril 2014 et les recommandations faisant partie du rapport devant le board du jour devront constituer l’ossature du prochain budget, dont le coup d’envoi des préparatifs pourrait être donné dès le début du mois prochain.