Le nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep, mené par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, dispose désormais d’une majorité de trois quarts à l’Assemblée nationale. En effet, avec la nomination de Francisco François en tant que Parliamentary Private Secretary (PPS) hier après-midi, l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR), avec ses deux élus, fait désormais partie du gouvernement. La nomination des dix PPS par le Président de la République, Kailash Purryag, vient compléter les dernières procédures constitutionnelles pour la formation du nouveau gouvernement, alors qu’avec l’accélération de l’opération « netwayaz » la nouvelle équipe administrative et de Senior Advisers des nouveaux ministres devra être mise en place dès la fin de cette année et au plus tard à la rentrée de 2015.
En parallèle, des membres du gouvernement, en l’occurrence le nouveau Chef de la diplomatie mauricienne, Étienne Sinatambou, sont sollicités sur des dossiers d’importance majeure. Lalit a officiellement écrit au ministre des Affaires étrangères pour lui demander d’initier des procédures en vue d’inscrire le dossier des Chagos à l’agenda de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) en septembre prochain.
Le fait marquant de la nomination des dix nouveaux PPS est la confirmation d’une majorité de trois quarts pour le nouveau gouvernement de sir Anerood Jugnauth, qui en est à son sixième mandat. Initialement, avec 51 députés élus et Best Losers, le gouvernement était « one short of the Constitutional majority » avec une Assemblée nationale de 69 parlementaires, excluant l’Attorney General, Ravi Yerrigadoo. Avec l’arrivée de l’OPR, le rapport des forces au sein de l’hémicycle est nettement en faveur de l’Alliance Lepep avec 53 votes garantis lors de tout vote.
Dès le lendemain de la proclamation des résultats des élections générales, avec la décision d’un Front Bench à six et l’éventuelle nomination de deux vice-Premiers ministres en sus de nombre prévu dans la Constitution — soit un Deputy Prime Minister et deux VPM —, des contacts avaient été établis avec le leader historique de l’OPR et chef commissaire de l’Assemblée régionale de Rodrigues, Serge Clair, en vue de se joindre au nouveau gouvernement. Selon des milieux politiques autorisés, compte tenu des relations entre sir Anerood et Serge Clair, il ne devait pas y avoir d’obstacles.
La liste des dix PPS comprenant le nom de Francisco François ouvre la voie au gouvernement pour un éventuel amendement à la Constitution en vue de nommer Vishnu Lutchmeenaraidoo comme vice-Premier ministre et ministre des Finances et Pravind Jugnauth vice-Premier ministre et ministre de la Technologie, de la Communication de l’Innovation. À signaler que Pravind Jugnauth occupe actuellement les bureaux alloués à l’ancien Chief of Staff, Kailash Ruhee, au Treasury Building, en attendant d’autres changements.
Opération « netwayaz»
Les nouveaux PPS, dans l’ordre hiérarchique, sont Sharvanand Ramkaun (MSM), Roubina Jadoo-Jaunbocus (MSM), Raj Rampertab (MSM), Sandhya Boygah (MSM), Stephan Toussaint (MSM), Eddy Boissézon (ML), Toolsyraj Benydin (ML), Salim Abbas Mamode (PMSD), Thierry Henry (PMSD) et Francisco François (OPR). Avec ce nouveau développement, de nouveaux seating arrangements au sein de la majorité sont à prévoir à l’Assemblée nationale pour la reprise des travaux le 27 janvier.
En parallèle, l’opération « netwayaz » se poursuit. Pour l’instant, l’unique rescapé de l’ancienne équipe de nominés politiques du gouvernement de Navin Ramgoolam, Dev Manraj, a été reconduit en tant que Secrétaire financier à la demande expresse de Vishnu Lutchmeenaraidoo. La nouvelle équipe administrative et d’encadrement dans les différents ministères devra se mettre en place d’ici la fin de cette année pour une entrée en fonction formelle en 2015.
Entre-temps, la circulaire de sommation à la démission des contractuels politiques a déjà donné lieu à une première série de départs, dont celle du président du conseil d’administration d’Air Mauritius, Dass Thomas, alors que d’autres devront suivre d’ici la fin de la semaine. Dans la conjoncture, le buzz médiatique porte sur le montant de la compensation obtenue par l’ancien directeur général de la MBC, Dan Callikan. Le montant de Rs 5 millions, révélé par notre confrère Week-End, fait actuellement l’objet de commentaires divers alors que le principal concerné maintient que tout a été fait dans les règles. Affaire à suivre…