Avec la création d’un Bureau Anti-Gaspillage (BAG), sous l’égide du ministère des Services financiers, de la Bonne Gouvernance et des Réformes institutionnelles, le gouvernement enclenche une véritable offensive contre le “mismanagement” des fonds publics. Les délibérations de la première réunion du Conseil des ministres de l’année, sous la présidence du Premier ministre sir Anerood Jugnauth, ont été en grande partie consacrées à la mise en place d’une stratégie pour lutter contre le gaspillage, les abus et la mauvaise gestion des fonds publics, que ce soit au niveau des ministères comme des corps parapublics. L’ancien directeur de l’Audit Rajun Jugurnath, qui a déjà une première mission de remise en ordre à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), a été placé à la tête du BAG (Public Sector Efficiency Bureau) avec, pour attribution majeure, de revoir le système en vigueur. D’autre part, le Conseil des ministres a donné son feu vert à la restructuration de deux organismes parapublics, en l’occurrence le Mauritius Exmaninations Syndicate et le Business Parks of Mauritius Freeport Services aux termes des recommandations de l’Office of the Public Sector Governance (OPSG) dans le cadre du programme de réforme.
La décision du gouvernement visant à instituer le BAG s’inscrit dans le sillage de la campagne de dénonciations des cas de gaspillage et d’usages abusifs des fonds publics menée par l’Alliance Lepep en marge du scrutin du 10 décembre. Dans les milieux officiels de l’hôtel du gouvernement, on justifie le choix de l’ancien directeur de l’Audit par sa maîtrise des rouages et des procédures dans les ministères et corps para-étatiques ainsi que par sa connaissance des failles et lacunes relevées, année après année, dans les différents rapports annuels.
« Avec la nomination de l’ancien directeur de l’Audit, qui vient de prendre sa retraite, nous n’avons pas besoin de rounds d’observations pour une entrée en matière avec des premiers résultats probants dans les meilleurs délais possible. Le nouveau directeur du Public Sector Efficiency Bureau devrait être en mesure de démarrer le chantier de la lutte contre le gaspillage sur des chapeaux de roue pour faire la démonstration que ce gouvernement est “means business” et faire comprendre aux fonctionnaires que la page du laxisme en matière de gestion et de contrôle financiers est bel et bien tournée », a fait comprendre un des membres en vue du gouvernement en guise de commentaire suite à cette décision.
L’une des premières attributions du BAG sera de revoir les systèmes administratifs et financiers, de même que les procédures en vigueur dans les ministères, corps parapublics ou autres sociétés d’Etat avec, pour objectif, d’identifier les zones d’inefficience et les lacunes. Le Public Sector Efficiency Bureau devra également soumettre des recommandations spécifiques pour renforcer les systèmes de comptabilité, de contrôle et d’opération dans ces organismes.?L’autre volet du BAG sera d’initier des enquêtes Proprio Motu dans des cas flagrants de gaspillage de fonds publics ou encore d’usage abusif et de mauvaise administration des fonds publics. De ce fait, il faudra s’attendre à voir le BAG agir en tant qu’une police contre le gaspillage des fonds publics et contre l’inefficience.
En parallèle à cette décision, le Conseil des ministres d’hier a entériné le projet de restructuration du MES sur la base des recommandations de l’OPSG avec, pour finalité, d’étendre ses attributions dans le monde de l’éducation, notamment au sujet de la conduite des examens dans le système scolaire. Le MES est sans direction depuis la fin de la semaine avec le limogeage de Lucien Finette, nominé travailliste, à la tête de cette institution. Le programme de restructuration comprend une revue de l’organisation avec un accent particulier sur la recherche, le développement de syllabus, la technologie informatique et les Examinations Operations, la nomination à des postes stratégiques au sein de la direction, la révision des Schemes of Service des membres du personnel, l’introduction de la Quality Assurance, l’accréditation auprès des institutions étrangères compétentes, une revue du cadre légal du MES « to cater for additional responsibilities entrusted to the Syndicate » au cours des années à venir et l’élaboration d’un Risk Register et de stratégies sur le chapitre de la gestion des risques.
Un autre organisme ayant retenu l’attention du gouvernement est le Business Parks of Mauritius Services Ltd. Dans ce cas précis, un objectif chiffré de 5% de “Return on Capital Investment” est imposé sous ce programme de restructuration. Le choix de cet organisme par l’OPSG a été défini en consultation avec l’Union européenne pour la réforme des State-Owned Enterprises (SOEs). Pour réaliser le minima de 5%, la direction de ce corps parapublic devra revoir sa stratégie d’investissements à long terme, avoir une diversification de ses produits, adopter une nouvelle stratégie d’e-commerce, avoir une meilleure gestion de la location des espaces et élargir la gamme des services offerts à la clientèle.