Une lettre officielle, portant la signature du Chief Fire Officer Louis Pallen, a informé le 29 décembre sept officiers de différents grades que leurs autorisations pour « undertake part time work » comme Safety and Health Officer dans des compagnies privées ne sont plus valides. Cette affaire crée des remous dans différentes casernes du pays depuis le début de cette année, d’autant que l’absence de motif pour justifier cette révocation pousse les principaux concernés à croire que la décision est « arbitraire ».
Dans une circulaire émise le 28 octobre 2011 et portant la référence FSE 158 V3, le Chief Fire Officier Louis Pallen met l’accent sur le Fire Service Order. Dans la troisième partie du document, il souligne le purpose and definition du private work établi selon le Human Resource Management Manual du ministère de la Fonction publique et des Réformes administratives.
« The whole time of an officer is at the service of the Government and he is not permitted to undertake private work for reward except as provided for in paragraph 2.11.2. [2.11.2] : An officer may, subject to the approval of his Supervising Officer, be exceptionally authorised to undertake private work, where the work — (a) is performed outside official hours ; and (b) has no adverse effect on his official position or duties ».
Le document indique plus loin que la politique adoptée est qu’aucun membre du Fire Services Department (FSD) ne doit entreprendre des travaux qui impliquent tout travail ou conseil lié à l’ingénierie incendie, la gestion des risques d’incendie, la formation en sécurité d’incendie, l’application de tout règlement de sécurité d’incendie ou tout autre type d’application, nécessitant l’approbation du FSD.
L’article 3.4 du document souligne par ailleurs que le FSD doit normalement examiner les demandes d’entreprendre des travaux privés avec rémunération uniquement pour les pompiers ayant le grade de Fire-Fighter et de Sub Officer et ayant au moins deux ans de service dans le département à condition qu’il n’y ait aucun conflit d’intérêt.
La communication écrite fait sourciller les principaux concernés, qui de concert avec le syndicat ont adressé plusieurs lettres à Louis Pallen. Dans une des correspondances, la Federation of Civil Service and other Unions (FCSOU), à laquelle le Fire Fighters Union est affilié, dit être « aware of the authorisation to officers in the Fire Services Department to perform private work is a long established practice and so far have been conducted in a manner that have not caused any prejudice or disrepute to the department ».
Se référant au fait qu’uniquement les deux grades cités plus haut seront pris en considération, la FCSOU explique que « we have no qualms about these conditions ». Dans le courrier la fédération soutient qu’elle ne comprend pas comment les officiers d’autres grades ne peuvent pas recourir aux travaux privés sur les mêmes conditions appliquées aux pompiers et sous-officiers.
Selon le syndicat, le déficit est discriminatoire en soi et serait en contradiction avec l’article 16 (1) de la Constitution de Maurice qui stipule que « no law shall make provision that is discriminatory either in itself on its effect ». Le FCSOU a aussi indiqué qu’il avait des informations portant sur le fait que le FSD étudie la possibilité de révoquer l’« approval granted » aux officiers qui s’adonnent déjà à des travaux particuliers, avant de demander une rencontre avec Louis Pallen.
La teneur des informations du syndicat devait se confirmer le 29 décembre 2011, avec une lettre officielle du Chief Fire Officer. Le courrier est des plus succincts et se tient en deux paragraphes et trois phrases. « In accordance with Fire Services Order II-HR-2.3 issued on 28 October 2011, you are being informed that authorization/s granted to you to undertake part time private work as Safety and Health Officer is/are deemed to have been revoked », peut-on lire au premier paragraphe. Louis Pallen ajoute : « You are requested to inform me whether you have terminated employment with your private employer/s and indicate as from what date. In the event you have not yet done so, you are requested to do so forthwith and keep me informed accordingly. »
La correspondance du chef des pompiers à la veille du Nouvel an a fait des remous chez ceux concernés d’autant plus que certains ont suivi des années d’études pour obtenir un poste de Safety and Health Officer dans une compagnie privée.
Dans une lettre en date du 6 janvier, quatre des officiers concernés accusent la réception de la correspondance de Louis Pallen le 29 décembre et se disent inquiets. « We wish to be enlightened as to the grounds for revoking such authorization ; the reasons to believe that this unilateral decision is unfair, bias, arbitrary and unjustifiably causing harm to us. Therefore, we are informing you that we shall seek advice as to our further course of action », expliquent-ils dans la lettre, avec copie aux ministères de la Fonction publique et du Travail.
Depuis cette lettre adressée au Chief Fire Officer, les officiers concernés affirment qu’ils n’ont à ce jour reçu aucune autre information sur le motif qui a poussé à évoquer cette autorisation.