La liste de griefs au sein de la Government Fire Services semble être interminable. Ashraf Buxoo, président de la Government Services Employers’Association Fire Fighters Cadre a rapporté à la Rédaction une série de difficultés auxquelles font face les pompiers dans leur tâche quotidienne. Le président du syndicat demande l’intervention « urgente » du bureau du premier ministre.
« La situation à la Government Fire Services est insupportable. Il est grand temps d’améliorer les conditions de travail. Nous avons besoin d’une transformation totale dans ce département », affirme Ashraf Buxoo, président de la Government Services Employers’ Association (GSEA) Fire Fighters Cadre. Le principal problème que dénonce le syndicat est le manque de personnel au sein de la Government Fire Services. Le président estime qu’il y a entre 120 et 140 postes vacants dans ce département des Services Publics. Cependant Ashraf Buxoo avance que selon ses renseignements, la Public Service Commission envisagerait de recruter 40 pompiers. L’effet de ce manque d’effectif au sein de ce service se fait cruellement ressentir.
En opérant en sous-effectif, le travail des pompiers est constamment perturbé et plusieurs éléments de l’unité n’ont ainsi pas droit à des congés. Plusieurs casernes en sont concernées : Coromandel, Port-Louis, Quatre-Bornes, Curepipe, St Aubin et Mahébourg.
L’absentéisme de certains pompiers pose aussi problème dans les casernes de l’île. D’autres sont alors contraints d’accumuler des heures supplémentaires. Celles-ci n’auraient pas été payées. Toutefois, le mois dernier, les pompiers ont été informés que ces heures seraient compensées par l’octroi de congés. Malgré cela, la situation a du mal à se décanter. Cela étant dû au manque de personnel. Selon le président de la GSEA Fire Fighters Cadre, lors d’une rencontre avec l’ancien ministre de la Fonction publique Ashit Gungah, une décision avait été prise pour effectuer le paiement des « returning leave ». Mais selon le président du syndicat, le remboursement n’a été effectué que pour 24 heures, alors que les pompiers auraient effectué en moyenne 60 heures d’« extra time » par mois.
La flotte de véhicules de la Government Fire Services est une autre source un problème. Certains camions dateraient de 20 ans. Ashraf Buxoo soutient que l’achat de cinq camions de l’Autriche par le gouvernement, n’est pas suffisant pour pallier ce manque de véhicules et remplacer les anciens. Les équipements mis à la disposition des soldats du feu devraient aussi être renouvelés selon lui. « Prochainement la Fire Services Act sera amendée : la Government Fire Services changera d’appellation pour la Government Fire and Rescue Services. Nous serons sans doute appelés à faire plus de sauvetage et devrons nous montrer plus professionnels. Pour ce faire, il nous faut des équipements appropriés, des trainings avec les Réunionnais et aussi une formation sur le sauvetage », affirme-t-il.
L’aspect Health & Safety inquiète aussi les pompiers des différentes casernes. À titre d’exemple, le manque d’espace dans les « lockers », oblige certains pompiers à ranger leur nourriture parmi les équipements.
Ashraf Buxoo dénonce également que depuis 2008, les pompiers n’obtiennent pas d’uniformes, alors qu’ils y contribuent dans leur salaire. Cependant, l’institution d’un « uniform Committee » récemment, a permis de remédier à ce problème : les uniformes qui n’ont pas été obtenus devraient être remboursés prochainement.
Radhakrishna Sadien, président de la Government Services Employees Association, dénonce pour sa part qu’« à la Government Fire Services, il y a une lenteur administrative, un manque de considération à l’égard des pompiers et une mentalité qui ne fait pas honneur à ce service ».