Les dernières contraventions reçues et la dernière lettre de la Beach Authority (BA) leur interdisant de mettre des tables et des chaises sur la plage dans le cadre de leur commerce de nourriture provoquent la gronde des Beach Traders, principalement ceux de Grand-Baie. Pour cause, s’il est stipulé dans leur permis d’opération, renouvelable chaque année, qu’ils n’ont pas le droit d’installer des structures sur la plage, ces Beach Traders, brandissant une lettre de la BA, indiquent qu’ils ont obtenu l’autorisation, en bonne et due forme, de l’organisme. D’où leur consternation de se voir prendre presque quotidiennement en contravention par la Police de l’Environnement. Se disant traumatisés par ces descentes policières, ces Beach Traders expliquent que les mesures de la BA les empêchent de gagner leur vie, les clients, ne pouvant s’attabler pour manger, se faisant de plus en plus rares.
Une quinzaine de Beach Traders commercialisant des aliments sur la plage de Grand- Baie montent au créneau pour dénoncer “la politique de terreur de la BA à leur égard”. Depuis le début du mois de février, les contraventions pleuvent, disentils, indiquant que, quotidiennement, la police de l’Environnement surveille leur commerce et les empêche d’installer des tables et des chaises sur la plage. Ils ont également reçu une lettre de la BA, leur rappelant qu’ils sont tenus de respecter les conditions attachées à leur permis d’opération, incluant l’interdiction d’installer des tables et des chaises sur la plage publique.
Concédant qu’ils opèrent depuis plusieurs années ainsi, soit avec deux tables et quatre chaises installés pour la plupart, et qui sont enlevées chaque après-midi après les heures de travail, ces Beach Traders insistent qu’ils disposent de la permission de la BA elle-même. Si les permis d’opération font effectivement état que “licensee is not allowed to place any table, sitting accommodation or umbrella for customers while carrying out trading activities on any public beach”, ces commerçants indiquent qu’une lettre de l’organisme régulateur leur octroie le droit de déroger à cette condition.
Permission de Subash Seeruttun
Dans leur lettre, signée par Subash Seeruttun, l’ancien directeur de la BA, il est en effet écrit que, “Mr X is a holder of a Beach Trader Licence for selling of cakes, food and non-alcoholic beverages at Grand Baie public beach. In the above context, this office raises no objection for him to place 2 tables of 1mx1m and 4 chairs.
It is understood that the abovenamed will have to remove the tables and chairs after his trading activities.”
D’où l’incompréhension des Beach Traders face aux récentes contraventions qui leur ont été servies. “Nous ne pouvons plus travailler. Les clients ne viennent pas, car ils ne peuvent pas s’asseoir un instant pour savourer tranquillement leur plat”, expliquent-ils. Et de faire ressortir que leur démarche de mettre des tables et des chaises, qui a été approuvée par la BA depuis des années, relève du fait que des touristes recherchent des petits marchands selon leurs moyens pour déguster un plat typiquement mauricien au lieu de se rendre dans des restaurants qui pratiquent des prix onéreux. “Nous gagnons tranquillement notre vie, et ne comprenons pas comment du jour au lendemain, une décision agrée par la BA est revue par le même organisme”, disent-ils. Et d’indiquer que la présence constante des policiers sur la plage, guettant le moindre de leur mouvement, est traumatisante. Qui plus est, disent-ils, les employés doivent rester debout toute la journée. “Si on met une chaise dehors pour s’asseoir et se reposer, la police nous sert une contravention”, expliquent les Beach Traders qui demandent à la BA de revoir sa copie.
Au niveau de la BA, on explique que les récentes mesures prises visent à renforcer des règlements déjà existants et stipulés sur le permis d’opération des Beach Traders, au courant que selon la BA Act, ils ne peuvent installer des structures, des tables et des chaises mobiles, sur une plage publique. Il s’agit d’une décision du conseil d’administration de la BA de veiller à ce qu’il n’y ait aucune obstruction sur les plages publiques et cela concerne toutes les plages autour de Maurice. S’agissant de la lettre de dérogation dont disposent certains marchands pour installer les chaises et des tables, la BA indique que cette lettre, signée de Subsah Seeruttun, est aujourd’hui caduque. La BA envisage, par ailleurs, des actions légales contre ceux qui persistent à mettre des chaises et des tables, en dépit des avertissements et des contraventions reçus. On apprend cependant que l’organisme est disposé à écouter les Beach Traders et prendra des décisions “on a case to case basis”.