L’acharnement du Ministre de la Santé à s’empêtrer davantage dans la mélasse surprend.  Aucun spin doctoring donc au Mouvement Liberater!
D’abord sa formule malheureuse pour couvrir de fort contestables choix: «Government is government, government decides.»  Argutie retorse qui n’a bien entendu pas manqué de provoquer une levée de boucliers totalement justifiée.  Mais qu’importe!  Ainsi le Ministre persiste et signe, empiète sur le temps imparti au débat budgétaire pour défendre ces nominations qu’un titre de presse a qualifiées de ‘scandaleuses’, malheureusement sans provoquer de sursaut dans les rangs du gouvernement.  Ce faux pas est doublé d’une troisième gaffe, tout aussi énorme: une sortie en règle contre cette presse, vilipendée et accusée de harcèlement. Cette presse dont, rappelons-le, le ministre s’était emparé pour projeter, semaine après semaine, l’image d’un observateur attentif des faits sociétaux, doué d’un esprit critique loin d’un Don Quichotisme de mauvais aloi,  mais surtout d’un avocat honorant sa profession car attaché aux valeurs d’intégrité.
Cela ne l’empêche pas de vouloir nous surprendre: voilà que, pour boucler la boucle, il torpille la plateforme idéale pour faire taire les accusations et laver son honneur, notamment le Equal Opportunities Commission.  Convoqué par cette dernière pour fournir des explications, il privilégie une contre-attaque frontale, remet en question la démarche de son président allant jusqu’à lui nier la légitimité du poste, sans hélas y voir le mépris attribué à l’Institution, pour finalement faire une déposition en bonne et due forme aux Casernes centrales contre Me Brian Glover.
Serait-ce là l’illustration parfaite du danger qui menace quand l’émotion malmène la raison, débouchant sur l’incapacité de humer ce parfum de rejet, palpable et viscéral, de toute politique s’apparentant aux pratiques du précédent gouvernement ?  Le citoyen – surtout celui qui a viré mam – se sent floué. Abasourdi, car plus grande la confiance plus terrible la déception, il assiste, impuissant, à la nomination ici d’un père ou d’un fils et là d’une épouse ou d’une proche de ministre.  Nous sommes définitivement aux antipodes des promesses de l’Alliance Lepep qui semble avoir adopté la stratégie du dos rond, attendant que la tempête se calme. Et bien que toutes les décisions portent le sceau du gouvernement, bizarrement seul le Ministre de la Santé est monté au créneau. Pour justifier ces nominations gouvernementales qui portent atteinte à la raison, le fin légiste sera contraint de s’essayer au grand écart. Gare au claquage. D’autant plus qu’avec un électorat réputé pour sa versatilité, les 83 % d’opinions favorables à l’action du gouvernement, selon le sondage DCDM, pourraient se réduire comme une peau de chagrin.