Plus d’une vingtaine de pêcheurs de Grand-Gaube ont manifesté pacifiquement ce matin devant le ministère de l’Environnement à Port-Louis. Soutenus par le Syndicat des pêcheurs et Rezistans ek Alternativ, ils protestent contre les travaux devant le futur hôtel Creolia. Selon le président de ce syndicat Judex Rampaul, les promoteurs hôteliers procéderaient à « l’extraction de sable du lagon, une activité illégale ».
Selon Judex Rampaul, depuis janvier avec l’annonce de l’implantation du nouvel hôtel Creolia, les promoteurs ont commencé leurs activités dans le lagon de Calodyne. Des activités qui comprennent, selon le porte-parole des pêcheurs de la région, en « l’extraction de sable du lagon pour agrandir un domaine public », ce qui, souligne-t-il, « est illégal ». La direction d’Attitude Resort, les promoteurs de Creolia, avait cependant émis un communiqué vers mi-janvier pour expliquer que les activités n’avaient rien d’illégal et qu’elle disposait de tous les permis nécessaires pour les travaux de réhabilitation du lagon et de construction de l’hôtel. Ces permis, insiste la direction, ont été délivrés par les autorités, notamment le ministère de l’Environnement en consultation avec ceux de la Pêche et du Logement et des Terres, le District Council du Nord, la Beach Authority et bien d’autres autorités et ministères.
Le syndicat des pêcheurs, pour sa part, se demande comment le ministère aurait-il pu délivrer des permis pour une activité illégale. Judex Rampaul soutient avoir envoyé une lettre au ministre de l’Environnement Deva Virahsawmy il y a deux semaines en vue de solliciter une rencontre avec lui pour obtenir des éclaircissements. « Nous attendons toujours de comprendre ce qui se passe et nous demandons au ministre d’intervenir dans cette affaire », dit-il.
Judex Rampaul s’interroge par ailleurs sur la décision des autorités d’octroyer des permis pour, dit-il, des travaux qui sont faits au détriment du lagon. À travers cette manifestation, les pêcheurs de Grand-Gaube veulent également sensibiliser la population sur ce qui se passe à Calodyne. Ces derniers avaient déjà tenu une première manifestation pacifique devant le site de Creolia en janvier. « Se enn plas stratezik car bannla pe tir disab ek pe detrwir tou lavi marin sa plas la, nou peser ki pe soufer depi de mwa », s’insurge Smith Gurbhoo, un des pêcheurs de Grand-Gaube. Et d’ajouter : « Si les autorités ne font rien, nous ferons en sorte que ces activités cessent ».
Le syndicat des pêcheurs a par ailleurs mis en ligne sur Youtube une vidéo des travaux en cours à Calodyne pour permettre au public de voir ce qui se passe. Ashok Subron, le porte parole de Rezistans ek Alternativ, estime pour sa part que le gouvernement devra répondre aux questions des pêcheurs. « Le GM est en contradiction avec son intention annoncée de faire de l’océan un pilier économique », dit-il.