Avec la création de sa société de construction Le Grand Lac Limitée, Breez Beefnah, expert comptable établi en France, ambitionne de faire de la qualité « un acquis ». Une vision pleine de promesses traduite par une réelle détermination à convaincre.
Le Mauricien a rencontré vendredi le président-directeur général (PDG) de Le Grand Lac Limitée, société située à Arsenal à l’étage de la boutique familiale. Breez Beefnah, d’une extrême politesse et d’un parler posé voire solennel, sait mettre à l’aise. Il explique le lancement de sa société comme une réponse « à certaines lacunes notées ici et là ». « Non pas que Maurice ne soit pas à la hauteur », dit-il, précisant qu’« il y a quand même des petites choses qui fâchent ». C’est l’une des raisons qui a poussé cet expert comptable résidant en France à tenter l’aventure dans son pays natal, non loin du village qui l’a vu grandir.
Breez Beefnah souligne par ailleurs toute sa confiance en l’économie mauricienne. La construction est un secteur « qui marche et qui va continuer ». Un optimisme étonnant par les temps qui courent. Le PDG voit grand : Le Grand Lac Limitée bénéficiera, selon lui, d’un investissement de Rs 30 millions, « bien sûr étalé dans la durée ». Pour l’instant, selon son site internet www.legrand-lac.com, il s’agit d’une société anonyme avec un capital de Rs 200 000 immatriculée au Registre du Commerce à Port-Louis.
C’est en novembre 2011 que débute le projet de Breez Beefnah qui assure la gestion principalement de France où il est directeur financier à ABE Clearing SAS. Le Grand Lac Limitée emploie actuellement dix Mauriciens. Avec sa compagnie, il compte proposer « quelque chose de différent ». « En France, la qualité est un acquis », souligne-t-il. Tel ne serait pas totalement le cas à Maurice. Selon lui, les constructions écologiques seraient non-homologuées, les accès pour les personnes handicapées négligés et les détails non-soignés « avec des finitions pas toujours à la mesure des attentes esthétiques ».
Le Grand Lac Limitée ambitionne ainsi de tacler tous ces problèmes. Le tout en privilégiant une exigence professionnelle « à la française ». Comment ? Breez Beefnah puisera de sa banque de données. « En France, j’ai publié des offres d’emploi dans des revues spécialisées. J’ai reçu plus de 500 curriculum vitae de professionnels français. Nous avons une trentaine de profils à disposition. » Voilà pour ce qui est du concept : importer l’expertise française dans des domaines spécifiques comme l’architecture, la plomberie et la climatisation, en vue d’encadrer les travailleurs (lay-men) locaux.
Dans un premier temps, le Grand Lac Limitée se veut capable d’assurer la « maîtrise d’oeuvre globale » du chantier. La société propose une offre « clés en mains » en ce qui concerne des bâtiments industriels et publics (écoles, universités, hôpitaux), bureaux, établissements hôteliers, habitats, commerces, ateliers, garages, usines, entrepôts et plates-formes logistiques, soit des projets d’un coût minimal de Rs 2 millions. L’architecte français Antoine Breuil, diplômé de Nantes, qui agit en tant que directeur des travaux pour le compte de la compagnie.
Le Grand Lac Limitée, offre aussi un « service complémentaire » en proposant ses techniciens supérieurs français « de très haute performance » aux autres entreprises de construction. La société compte par ailleurs travailler sur un projet de villas qui devrait osciller entre Rs 40 millions et 60 millions.
Breez Beefnah évoque aussi un « excellent retour » des premiers contacts établis. Pour lui, la « confiance est instaurée ». « Je ne suis pas venu à Maurice pour jouer la comédie… J’ai beaucoup entendu parler d’escroquerie dans le pays. On me dit souvent que l’escroquerie est très répandue dans le domaine de la construction. Il faut par tous les moyens fournir un résultat à la hauteur des espérances », soutient le PDG. Il se dit ainsi confiant d’avoir consolidé « l’aspect sérieux du Grand Lac » et se donne deux ans pour faire un bilan.
Pourquoi Le Grand Lac ? « Pour faire la synthèse dans le monde… Beaucoup de gens utilisent régulièrement les mots “Le Grand”. En ce qui concerne “lac”, c’est assez général. Il n’y a rien de spécifique. C’est un nom qui a fait l’unanimité auprès du comité de direction. Le Grand Lac, c’est un nom qui ouvre sur le monde. »
Soulignons que Le Grand Lac Limitée a été lancée officiellement lors d’un cocktail le vendredi 27 à l’hôtel Le Méridien.