Le 3e budget de Xavier-Luc Duval est probablement le budget le plus éprouvant de son mandat dans un contexte économiquement et politiquement difficile. Dans l’ensemble, le budget est positif, avec des résolutions fermes pour relever les défis majeurs, tels le chômage, une économie stagnante et un budget déficitaire. Il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’un budget populiste où le ministre promet un avenir meilleur pour les nécessiteux. Néanmoins, le Grand Argentier ouvre les portes aux Petites et moyennes entreprises (PME), qui seront le générateur de la croissance indispensable pour le pays.
Le Budget 2014 accorde un nouveau souffle au secteur de la construction, qui n’a pas montré signe de croissance en 2013. Les mesures annoncées stimuleront non seulement ce secteur mais permettront à une grande majorité de la population de devenir propriétaire d’un bien immobilier. Ce budget tente d’apporter une bouffée d’air frais à une économie restée longtemps tributaire des secteurs traditionnels, en identifiant de nouvelles perspectives se rapportant à l’économie océanique ainsi qu’au développement du port et de l’aéroport.
Certains cyniques diront qu’une partie de ces nouvelles idées sont farfelues, mais nous disons : « Bien joué Monsieur le ministre pour avoir donné à la fois de l’espoir aux démunis et aux ambitieux voulant braver de nouveaux océans, en quête de nouvelles opportunités. »
Stratégie nationale
Le ministre des Finances a identifié quatre piliers visant à dynamiser l’économie afin de propulser l’économie mauricienne vers de nouveaux secteurs de croissance. Avec une croissance économique de 3% cette année, comparé aux croissances de 6 à 7% des pays africains, un changement dans l’architecture économique est absolument nécessaire. Le choix des quatre piliers identifiés par le ministre pour générer la croissance à court terme et pour transformer Maurice en un « pays d’avenir » reste discutable.
L’économie maritime, l’économie verte, l’industrie du film et la stratégie africaine sont les quatre piliers de la diversification de l’économie. Les initiatives comprennent, d’une part, un investissement de Rs 6 milliards pour  l’exploitation minérale et pétrolière dans la région et, d’autre part, la mise en place d’un fonds africain de Rs 500 millions sur 5 ans pour fournir des fonds propres aux entreprises qui investissent en Afrique. L’exploitation des 2,3 millions de km2 de la zone marine ainsi que l’initiative africaine demeurent attrayantes pour la croissance économique. Toutefois, l’industrie cinématographique – qui a régulièrement figuré dans le programme budgétaire – n’a pas connu de franc succès. Seul l’avenir nous révèlera si ces quatre piliers pourront vraiment apporter l’élan tant attendu à l’économie mauricienne…
Soutien aux PME
 Une grande partie du budget est consacrée aux PME, qui sont considérées comme un moteur de création d’emplois, pour stimuler la croissance économique. Ces initiatives comprennent, entre autres, une augmentation auprès des PME de 6 à 11% de l’approvisionnement du secteur public, l’accès à un site internet gratuit à toutes les PME ainsi que l’introduction d’un mécanisme de garantie de prêt du gouvernement en vue de les financer.
En vue de poursuivre l’initiative entreprise l’année dernière, le Budget dépend d’un plus grand nombre d’entrepreneurs plutôt que des secteurs traditionnels pour propulser l’économie. La classe moyenne a été invitée à prendre part à cette initiative… la balle est maintenant dans leur camp
Création de la prochaine vague de prospérité
Tout en s’assurant que l’économie continue de croître pour le bien-être de la majorité de la population, la décision la plus audacieuse qu’on retient de ce budget, c’est certainement l’abolition éventuelle des examens tant redoutés du CPE et l’introduction de la scolarité sur neuf années. L’avenir de notre pays est entre les mains d’une population instruite… L’avenir s’annonce donc prometteur !