Au dixième jour de la grève de la faim des femmes cleaners avec des salaires de Rs 1 500 par mois, se déroulant au Jardin de la Compagnie, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a décidé de recevoir une délégation syndicale, qui avait sollicité une rencontre. Entre-temps, le cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis, a jeté son poids moral aux côtés des femmes cleaners avec une déclaration à la mi-journée. Il soutient, entre autres, que « si une loi permet qu’une situation aussi injuste pour des personnes perdure pendant des années, c’est qu’il y a un problème dans cette loi. »
Sur le coup de 12 h 30, une délégation comprenant Jack Bizlall, Alain Laridon, Narendranath Gopee, de la Fédération des Syndicats du Service Civil et Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public, devait être reçue au Prime Minister’s Office. L’objectif est de trouver une solution en vue de mettre un terme à la grève de la faim des femmes cleaners au Jardin de la Compagnie.
D’autre part, dans une déclaration à la mi-journée, le cardinal Maurice Piat déclare que « je tiens moi aussi à apporter mon soutien à la cause de nos soeurs les “femmes cleaners” qui font la grève de la faim depuis 10 jours. Je suis plein d’admiration pour le courage de ces femmes et la détermination des syndicalistes qui les soutiennent. »
« Même si déjà, grâce à l’intervention des autorités concernées, il y a eu une amélioration du sort de plusieurs femmes cleaners, il reste que d’autres (333 d’après la presse) qui sont des employées d’entreprises de services, n’ont toujours pas d’autre horizon qu’un salaire de Rs 1 500 à 2 000 par mois, ce qui est injuste », poursuit l’évêque de Port-Louis en ajoutant qu’« il ne suffit pas de dire que dans le cas spécifique de ces femmes cleaners il n’y a pas d’infraction à la loi dans son état actuel. Si une loi permet qu’une situation aussi injuste pour des personnes perdure pendant des années, c’est qu’il y a un problème dans cette loi. »
Le cardinal Piat lance un appel aux autorités en affirmant que « c’est pourquoi je fais appel aux autorités concernées, de ne pas se contenter d’invoquer la lettre de la loi mais de prendre les devants et de changer la loi pour qu’elle soit plus conforme à un minimum de justice. Je suis conscient que ce processus peut prendre du temps. C’est pourquoi il est urgent de mettre sur pied dans les plus brefs délais une « task force » chargée de trouver une solution intérimaire acceptable pour que nos soeurs, ces femmes cleaners, ne mettent plus leur vie en danger et pour qu’elles aient des conditions de vie qui respectent l’élémentaire dignité humaine. Je fais appel à la sagesse et au sens de responsabilité des autorités pour agir avec un véritable sens de justice. En effet, le progrès d’une société se mesure à la manière dont elle traite les plus faibles, les plus vulnérables de ses membres. »