L’IndustriAll Global Union (Genève), fédération syndicale internationale représentant plus de 50 millions de travailleurs dans 140 pays, dont Maurice à travers la CTSP, a écrit hier au Premier ministre, Pravind Jugnauth, lui demandant « d’intervenir immédiatement pour résoudre le problème avant que la santé et le bien-être de (nos) camarades ne soient davantage affectés ». IndustriAll a d’autre part exhorté les syndicalistes du monde entier à observer une grève de la faim symbolique de 24 heures par solidarité aux grévistes mauriciens.
Dans sa lettre en date du 19 octobre adressée à Pravind Jugnauth, le secrétaire général de l’IndustriAll Global Union, Valter Sanches, exprime sa « profonde préoccupation concernant le bien-être et la santé de sept citoyens mauriciens, qui observent depuis le 16 octobre une grève de la faim pour attirer l’attention sur la pénible situation de femmes travaillant comme cleaners dans des écoles gouvernementales ».
« Reeaz Chuttoo, president of the Confédération des travailleurs du secteur privé et public (CTSP), and Jane Ragoo, General Secretary of CTSP and Executive Committee member of IndustriAll Global Union, together with five women cleaners, have gone on hunger strike to draw attention to casualization through labour contractors paying these women poverty wages of USD 43 », pousuit Valter Sanches.
Le secrétaire général de la fédération syndicale internationale dit regretter que « les nombreuses tentatives auprès de plusieurs ministres du gouvernement mauricien pour trouver une solution n’ont pas reçu l’attention nécessaire pour résoudre cette situation intenable pour ces travailleurs, qui méritent un salaire décent ». Par conséquent, dit-il, l’IndustriAll Global Union « vous exhorte à intervenir immédiatement pour résoudre le problème avant que la santé et le bien-être de nos camarades ne soient davantage affectés ».
Par ailleurs, depuis jeudi, le site internet de l’IndustriAll Global Union fait état de cette grève de la faim des deux dirigeants de la CTSP et de cinq femmes cleaners afin que le salaire soit revu à la hausse (www.industriall-union.org/mauritius-seven-on-hunger-strike-for-living-wages). « La CTSP, affiliée à l’IndustriAll Global Unions, a pris cette décision drastique quand elle a senti que ses demandes pour de meilleurs salaires, formulées ces cinq dernières années, étaient ignorées. Des manifestations et des grèves par la fédération syndicale mauricienne n’ont pas mené à une augmentation de salaire », déplore la fédération syndicale internationale.
« CTSP hopes that Leela Devi Dookun, the Minister of Education, will meet with the unions after the setting up of a solidarity committee to support the hunger strike », écrit l’IndustriAll Global Union sur son site. La fédération syndicale rappelle que la secrétaire générale de la CTSP est membre du comité exécutif de l’IndustriAll Global Union. « We do not understand why the minister is not interested in ending the exploitation of the women cleaners. We are yet to hear from the government, but a support committee of trade unions and opposition political parties has been sept up to meet with the minister of Education on 20 October, and hopefully the government will agree to our demands », déclare Jane Ragoo sur le site de l’IndustriAll Global Union.
En effet, depuis hier, un comité de soutien aux grévistes a été mis sur pied suite à une initiative de l’activiste social Jack Bizlall. Ce comité est présidé par la syndicaliste Rehana Ameer. « Nous avons une rencontre avec le Permanent Secretary du ministère du Travail aujourd’hui à 14h et nous déciderons de la marche à suivre lors d’une réunion du comité de soutien à 16h », a déclaré Rehana Ameer au Mauricien ce matin.
« We always expect governments to lead by example in our campaign for living wages. This explains our frustrations and disappointment when gouvernments become the offending employers. We support an immediate resolution to this dispute for the sake of our comrads », déclare pour sa part Fabian Nkomo, IndustriAll Regional Secretary for Sub Saharan Africa, sur le site internet. L’IndustriAll Global Union exhorte ses affiliés du monde entier à observer une grève de la faim symbolique de 24 heures par solidarité avec leurs camarades mauriciens.