Le comité de soutien aux pêcheurs des bancs qui a eu une rencontre avec les autorités hier espère concrétiser la reconversion de ces derniers dans un projet de réhabilitation du lagon. Toutefois, c’est une solution à long terme qui est souhaitée. La pêche étant toujours un secteur viable, « l’idéal serait que le gouvernement investisse dans une flotte pour pêcher ses propres poissons et nourrir sa population », dit Jeff Lingaya, porte-parole du comité.
Des pêcheurs des bancs sont en grève de la faim car cela fait plusieurs mois qu’ils sont au chômage. Ils déplorent le fait que les armateurs leur préfèrent la main-d’oeuvre étrangère, particulièrement malgache. Des négociations avec le ministère de la Pêche ont repris hier, après la mobilisation de la communauté et l’entrée en grève de quatre nouveaux pêcheurs. En l’absence de Nicolas Von-Mally, c’est le ministre de la Pêche suppléant, Jim Seetaram, qui a reçu le comité de soutien mis en place à cet effet.
Alors que dans un premier temps il était surtout question d’une allocation, cette fois-ci, ce sont des propositions pour aider les marins-pêcheurs à trouver de l’emploi qui ont été privilégiées. Sur une idée des pêcheurs eux-mêmes, il est suggéré qu’ils soient impliqués dans la réhabilitation du lagon. Dans le long terme, la coopérative des pêcheurs des bancs, qui est cours d’enregistrement, mettra en place des projets. Si un bateau est mis à la disposition des pêcheurs, ils pourront organiser leurs propres campagnes de pêche. Mais contrairement à ce que disent les « minutes » de la dernière réunion du comité, « aucun bateau saisi n’a été donné aux pêcheurs », dit Jeff Lingaya.
Ce dernier précise qu’il est le porte-parole du mouvement en attendant que Mustapha Mohamed (Gandhi), qui était en grève de la faim, retrouve ses forces pour reprendre les négociations. Jeff Lingaya est également d’avis que la solution idéale face à cette situation critique des pêcheurs est que le gouvernement mauricien ait sa propre flotte. « Au lieu d’investir dans des projets qui vont capoter par la suite, investissons dans cinq ou six bateaux de pêche. Non seulement nos pêcheurs auront de l’emploi, mais nous pourrons pêcher nos propres poissons et nourrir la population, au lieu de laisser les étrangers exploiter nos ressources. »
La lutte des marins-pêcheurs pourrait ainsi déboucher sur une campagne plus vaste. Jeff Lingaya a lancé un appel aux jeunes, leur demandant de se joindre à la cause des pêcheurs. « On a besoin de vous. La mer ne concerne pas que les pêcheurs. Cela nous concerne tous. Rassemblons-nous pour notre écosystème marin. »
S’exprimant sur le projet de Blue economy, il a émis le souhait que les pêcheurs et le peuple mauricien en soient partie prenante. « Aujourd’hui on est en train de se battre pour trouver de l’emploi pour 250 personnes, mais demain, ce sont 1 000 personnes qui peuvent trouver de l’emploi. »
Il a ajouté qu’il y a beaucoup de jeunes qui ont fait des études et se spécialisent dans le domaine de la mer. « Il faut leur ouvrir ce secteur. »