Avec l’échec de la médiation tentée par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, entre la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et le Joint Negotiating Panel (JNP) syndical, les prochaines 48 heures s’annoncent décisives dans le dialogue de sourds engagé au sein de l’industrie sucrière. D’abord, l’ultimatum syndical pour la grève illimitée expirera demain après-midi. Mardi, le match devra se jouer devant l’Employment Relations Tribunal, où le président Rashid Hossen a déjà demandé au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) d’initier des procédures d’outrage contre les syndicalistes de l’industrie sucrière suite à l’Ex Parte Orders du vendredi 3 août. Mais déjà, le JNP conteste formellement l’ordre émis par l’Employment Relations Tribunal (ERT).
Au sein du Joint Negotiating Panel, la détermination d’aller de l’avant avec la tenue d’une grève illimitée au sein de l’industrie sucrière est plus que palpable. Le vote quasi unanime des artisans de l’industrie sucrière en faveur de cette action syndicale et contre la tenue de négociations sectorielles constitue un point d’appui majeur dans la conjoncture. Les dirigeants syndicaux soutiennent avoir soumis des « propositions justes et raisonnables reflétant les aspirations des travailleurs de l’industrie sucrière ».
« Nous attendons la réponse de la MSPA à nos propositions, à savoir que les négociations doivent se dérouler sur le plan national et la reprise des travaux du National Remuneration Board sur les 20 points que le ministre avait soumis à cette instance. Le délai expire demain après-midi. Comme on peut le constater, la décision relative à la grève illimitée ne dépend plus de nous. La balle est dans le camp de la MSPA et des compagnies sucrières », soutiennent conjointement Ashok Subron et Serge Jauffret du JNP.
Le calendrier établi comprend une réunion du JNP, mardi, en vue de passer en revue l’évolution de la situation et de décider de la marche à suivre quant à l’ordre de grève illimitée. Le recours direct à cette action syndicale dans l’industrie sucrière n’est pas à écarter faute de réponse positive de la MSPA.
« Avec le vote de la semaine dernière, les travailleurs de l’industrie sucrière ont clairement signifié leur intention de défier l’ordre injuste et en faveur du patronat émis par l’ERT en vue de déclarer illégale cette grève. La MSPA, à travers le ministre du Travail, a voulu faire les travailleurs de l’industrie sucrière abdiquer leur droit de grève. Ils ont eu recours à des colourable devices pour bloquer les travaux de la Commission de Conciliation et de Médiation pendant 97 jours. Aujourd’hui, le patronat veut jouer de la même manière avec les procédures sous l’Employment Relations Act pour faire de sorte que la grève soit déclarée illégale », poursuivent les animateurs du JNP.
« C’est un fait reconnu, que ce soit par les partis politiques, les syndicats et les citoyens ; ils sont unanimes à reconnaître la politique dominer de la MSPA contre les travailleurs de l’industrie sucrière. La MSPA agit de mauvaise foi. Nous sommes conscients du fait que l’île Maurice fera preuve de solidarité avec les grévistes quand le mouvement sera enclenché, si aucun accord n’intervient entre le JNP et la MSPA », déclare Ashok Subron.
D’autre part, Me Rex Stephen, conseil légal du JNP, a écrit officiellement au président de l’ERT pour dénoncer les Ex Parte Orders émis et pour signifier son intention de se retirer des procédures engagées. « The Ex Parte Orders fall short of satisfying the requirement under Section 97 (d) of the Act relating to the observance of the rules of natural justice. The Ex Parte Orders are repugnant to, or otherwise offend, the strict procedure contemplated by the Act in the process leading to a lawful strike », souligne Me Stephen.
Plus loin, le conseil légal du JNP ajoute que « the said Orders are further in contravention of some of the basic fundamental rights guaranteed by the Constitution. The said Orders are tainted by procedural shortcomings in ; inter alia, the failure to put into cause the MSPA ».