La situation a failli dégénérer ce matin à Souillac quand des grévistes de la CNT s’en sont pris aux vans qui récupéraient les passagers. La police est vite intervenue pour contrôler la situation. Ils étaient près de 300 chauffeurs et receveurs du Sud à se masser devant le dépôt de la CNT de la localité pour dire leur mécontentement. Par ailleurs, de nombreux étudiants n’ont pu se rendre au collège faute de bus scolaire.
Les habitants des régions de Chemin-Grenier, Souillac et Surinam, entre autres, ont été particulièrement affectés par la grève de la CNT ce matin. Cette partie du Sud est principalement desservie par cette compagnie sur le trajet reliant Curepipe et Port-Louis. C’est ainsi que ce matin, de nombreuses personnes sont restées à quai. Parmi elles, des étudiants ayant attendu en vain le bus scolaire.
Audrey, mère de famille de Chemin-Grenier, témoigne : « Le ministre Bunwaree a déclaré à la radio ce matin qu’il allait faire le nécessaire pour envoyer d’autres autobus, mais les étudiants ont attendu en vain. Même mon fils a dû rester à la maison. »
Mirella Sauterelle, de Souillac, confirme, elle aussi, l’absence de bus scolaire sur cette ligne ce matin : « Mon fils s’est rendu à la gare et il a constaté qu’il n’y avait pas de bus. Du coup, il est rentré à la maison. »
Ne voulant pas manquer un jour de travail, certains ont demandé qu’un collègue de bureau se rendant à la même destination qu’eux les dépose. D’autres passagers ont eu recours aux vans « marrons » ou encore à des taxis. « Nou oblize pran van ou bien taxi, pas kapav fer otreman », expliquent-ils. Bien que cette situation soit assez désagréable, les passagers se montrent toutefois compréhensifs. « Merite fer sa lagrev la. Ena tro boukou accidents. Mo konpran zot. CNT pa fer provision pou long terme. Sak fwa nek gagn pann bis », déclarent des passagers.
Audrey, qui a pu se rendre à son travail en empruntant un bus individuel, raconte qu’à la hauteur de Souillac, « des chauffeurs et receveurs en uniforme, dont des femmes », ont bloqué la route et arrêté des vans qui avaient récupéré des passagers pour leur demander des explications. « Mais des policiers sont intervenus pour rétablir l’ordre. »
Jean, lui, a pu se rendre à son travail à Port-Louis grâce à ces vans. Il confie que c’est par ce moyen de transport qu’il voyage tous les jours car les autobus de la CNT « posent trop de problèmes ». Mais « les vans n’ont pu prendre tout le monde », dit-il, ajoutant : « Beaucoup de personnes sont restées à l’arrêt d’autobus. »
Si le van par lequel voyageait Jean n’a eu aucun problème en route, d’autres, par contre, ont été pris pour cible par des grévistes. Un témoin raconte même que des pierres ont été lancées sur un van parce que « le chauffeur avait refusé de s’arrêter ». Une version qui est toutefois démentie par les principaux concernés. Ils profitent de la situation pour dénoncer la concurrence des vans illégaux. « Ena 150 van ilegal ek 170 bis CNT. La polis bizin fer so travay. Si sa ban van la aret opere, nou larout pou revinn rentab. »
Concernant les plaintes selon lesquelles qu’il n’y aurait pas assez de bus desservant le Sud, Prithiviraj Somnary, assistant secrétaire de l’UBIW, explique que la CNT a « suffisamment de bus » mais que « management dir koupe ».
Il laisse notamment entendre que c’est seulement à Souillac qu’il y a 100% de bus neufs. « Nou meme meilleur servis. Nou bis ed lezot la route tou, 7h30 tou bis fini sorti gramatin. »
L’assistant secrétaire de l’UBIW avance également : « Vasant Bunwaree dir li pou donn bis lekol zordi me okenn bis lekol pann trouve. Zordi tou zanfan inn bizin retourn lakaz. » Ce dernier souligne que la famille des grévistes souffre aussi de cette situation. « Nou osi nou bann zanfan ek fami penalize par sa lagrev la. Me nou pe reklam nou drwa. »
Poomendra Letchanna, qui fait partie des grévistes, dit son désaccord avec la « discrimination entre les travailleurs de la CNT, qui tombent sous le NRB, et ceux qui sont sous le PRB. » Il nous explique notamment que les chauffeurs et les receveurs comptant 10 à 30 ans de service perçoivent la même paie. « Nou base pareil. Nou pena ler manze ek dormi. Nou leve boner ek nou rantre tar », confie M. Letchanna.
Les grévistes sont aussi d’avis que le transport gratuit a affecté la CNT. « Zanfan lekol pa pran bis lekol. Zot pran bis normal. Pou bann vye dimounn bizin ena enn ler zot voyaze. »