« Les partis politiques devraient inclure les handicapés dans leur programme électoral. » C’est l’appel lancé par Armoogum Parsuramen, président de la Global Rainbow Foundation (GRF), hier lors de la remise de certificats à une vingtaine de personnes handicapées ayant suivi une formation spécialisée à l’emploi, assurée par Moses Gorrepati, formateur indien de l’Ong EnAble India. Ceux-ci ont, par la même occasion, reçu des cannes blanches. Grâce à la collaboration de Didier de Senneville, organisateur du Salon de la Maison, les nouveaux formés pourront ainsi exposer et écouler leurs produits lors des prochaines éditions. L’écrivain Khal Toorabully a, quant à lui, prévu pour eux un atelier d’écriture à l’issue duquel un recueil de contes devrait paraître pour la période festive.
Une vingtaine de personnes handicapées ont été formées durant sept jours par Moses Gorrepati, qui dirige une équipe de formateurs dont la mission consiste à aider les handicapés à trouver de l’emploi dans des secteurs liés à l’informatique, à avoir accès à une bonne éducation et à jouir d’une meilleure qualité de vie. Le spécialiste indien, lui-même malvoyant, a présenté les divers métiers embrassés par des handicapés en Inde. Le Pr Parsuramen devait, dans la foulée, rappeler que « le gouvernement indien oblige à la fonction publique et au secteur privé de recruter 3% de personnes handicapées ». Il a ainsi appelé les partis politiques à inclure les handicapés dans leur programme électoral, notamment au niveau de l’éducation, de l’emploi et de l’accès aux infrastructures publiques.
Suite à cette formation, il est prévu que certains Mauriciens s’envolent pour l’Inde afin de suivre une formation de formateurs. Le président de la GRF souligne que l’objectif final est « que tous ceux cherchant un emploi en trouvent ». Moses Gorrepati a pour sa part précisé : « Nous voulons que les personnes ayant un handicap soient aussi efficientes que les autres. La première étape est de développer leurs talents, tandis que la deuxième vise à leur donner une indépendance financière. »
Il a aussi donné des raisons pour lesquelles les compagnies devraient recruter ce groupe de personnes. D’abord, « pour leurs talents », dit-il. « Ensuite, la société devient inclusive. Par exemple, si une banque emploie un handicapé, elle aménagera une rampe et, ce faisant, elle facilitera l’accès à d’autres handicapés. » En employant des personnes handicapées, les compagnies apprennent ainsi à trouver des solutions. « Nous pensons que les compagnies ne devraient pas recruter par pitié », mais davantage pour les ressources dont elles ont besoin.
Outre la possibilité d’être présentes aux prochaines éditions du Salon de la Maison, Didier de Senneville a également proposé à ces personnes de participer à un salon de “Career Guidance”, prévu en février prochain à l’Université de Maurice. « Ce salon leur permettra de prendre note de leurs diverses capacités et de les mettre en contact avec des employeurs. » Pour sa part, l’écrivain Khal Toorabully leur a proposé d’écrire ensemble un recueil de contes en créole, lequel serait publié durant la période festive et mis en vente pour venir en aide à leurs associations. Des versions anglaise et française sont également prévues. « Peut-être y a-t-il un écrivain qui sommeille en vous, mais que vous n’avez jusqu’ici pas eu l’occasion de franchir le pas », leur a-t-il dit pour les motiver. Khal Toorabully leur a également proposé de créer un village d’artistes sur son terrain, à Pointe-aux-Canonniers.