Le virus A H1N1 est parmi nous. Pour autant, pas de quoi s’alarmer, estime le ministère. Cette forme grippale est en effet désormais qualifiée de « grippe saisonnière ». Des précautions sont néanmoins à prendre.
« Le virus de la grippe A H1N1 est devenu un virus de grippe saisonnière et circule dans le pays en même temps que les virus de grippe A H3N2 et B Influenza », a déclaré hier le Dr Tilochun Ram Nundlall, Acting Director des Health Services du ministère de la Santé. « Depuis l’épidémie de grippe H1N1 de 2009 à 2010, le virus H1N1 circule pendant toute l’année à Maurice sans faire de bruit et elle augmente pendant la saison hivernale dans les pays tempérés et tropicaux lors de baisses de la température. Il n’y a pas d’épidémie », affirme le Dr Nundlall. Selon lui, une trentaine de cas de grippe A H1N1 ont été détectés à Maurice par le système de surveillance de la grippe du laboratoire central de la Santé lors des examens biologiques. « Aucun cas de décès associé au H1N1 n’a été enregistré », indique le directeur des services de Santé. Des vaccins contre les virus de la grippe saisonnière, incluant donc le H1N1, sont d’ailleurs disponibles pour le personnel soignant et les personnes à risques dans les hôpitaux et certains centres de santé, poursuit-il. Le ministre de la Santé Lormus Bundhoo s’est lui aussi voulu rassurant lors d’une rencontre jeudi avec les pêcheurs de Grand-Gaube. A propos de la grippe A H1N1, il insiste sur le fait qu’il « n’y a pas de quoi s’alarmer ». À ce jour, un patient, chez le virus a été diagnostiqué, a été admis aux soins intensifs de l’hôpital Victoria, à Candos.
Trois catégories de virus circulent continuellement, et depuis un bon bout de temps à Maurice, explique le Dr Nundlall. Il s’agit des virus des grippes A, B et C. Si le virus C est plus rare, ceux de type A et B sont constamment présents dans notre pays, indique le Dr Nundlall. « Au point qu’aujourd’hui, dit-il, on qualifie la grippe A H1N1 de grippe saisonnière », dit-il, avant d’ajouter : « Il n’y a pas de nouveau virus. Au cours de ces dernières années, nous avons eu quelques cas d’influenza B. »
Tempérant aussitôt ses propos, le Dr Nundlall déclare néanmoins qu’il « ne faut pas non plus banaliser la maladie ». La grippe, poursuit-il, est la cause de graves complications et de décès de millions de personnes à travers le monde chaque année. « La complication la plus dangereuse est la pneumonie virale et bactérienne. » Bien qu’une partie de la population locale soit immunisée contre le virus A H1N1 après la flambée épidémique de 2009-2010, le ministère de la Santé énumère cependant, à travers un communiqué, les précautions à prendre pendant cette période hivernale, en particulier chez les personnes à risques, autrement dit souffrant de maladies pulmonaires et cardiaques, de cancer, de VIH/sida, d’asthme ou de diabète, mais aussi les enfants en bas âge et les personnes âgées. À noter que celles-ci bénéficient déjà de vaccins gratuits du ministère de la Sécurité sociale.
En cas de symptômes de grippe, il est recommandé de se couvrir la bouche et le nez en cas de toux ou d’éternuements, de se laver les mains régulièrement (avec de l’eau et du savon), de se reposer chez soi et d’éviter la foule afin de ne pas risquer de propager la maladie. Si les symptômes persistent, il est conseillé de se rendre sans tarder au centre de Santé ou à l’hôpital le plus proche. Ceux n’ayant pas encore été contaminés sont priés de ne se toucher le nez ou la bouche qu’avec les mains préalablement lavées. D’une manière générale, il est d’ailleurs recommandé de se laver régulièrement les mains.
Quelque 18 295 cas de grippe et d’infections respiratoires ont été traités dans les hôpitaux régionaux et de l’Ear Nose and Throat de Mahébourg et de Souillac entre le 30 juin et le 14 juillet, indique le ministère de la Santé.