Les habitants à proximité de la plage de Gris-Gris se sont réveillés ce matin au son d’une pelleteuse venue raser les arbres se trouvant sur la plage. L’entrepreneur explique avoir reçu l’ordre de déraciner ces arbres pour construire une promenade en béton liant Gris-Gris à La Roche qui Pleure. Ce faisant, des conseillers du village de Souillac et du district ainsi que des responsables des forces vives, des membres du mouvement Aret Kokin Nu Laplaz et des habitants se sont mobilisés depuis tôt ce matin pour stopper les travaux de démolition. Remontés, ils se sont assis devant la pelleteuse pour que les ouvriers arrêtent illico les démolitions.
« Personne n’était au courant de ces travaux, même pas au conseil de village. L’entrepreneur nous a déclaré qu’il a reçu l’ordre de raser les arbres et que c’est une initiative d’un ministère. Quel ministère ? On ne sait pas. Pourtant, ni le conseil de village ni le conseil de district de Savanne n’est au courant d’un tel projet », affirme Vela Goonden, conseiller du village et membre du mouvement Aret Kokin Nu Laplaz.
Le vice-président du conseil de village, Nizam Ramjaun, abonde dans le même sens et soutient être prêt à tout pour empêcher les travaux. « Selon nos renseignements, les entrepreneurs ont eu la tâche de détruire cette partie de la plage pour construire une promenade en béton qui reliera la plage de Gris-Gris au site de La Roche qui Pleure. Ainsi, le public et les touristes pourront marcher d’un endroit à l’autre. Sauf que si ces arbres sont rasés, il ne restera pratiquement plus rien sur la plage », déplore le conseiller.
Le président du conseil de district de Savanne, Kamalsaw Gajadur, a rejoint les manifestants vers 9h. « Je ne suis au courant de rien. Je suis autant étonné que les autres. Je ne vais jamais accepter qu’on détruise cette plage pour un tel projet », a-t-il déclaré.  Aux dernières nouvelles, des policiers sont arrivés sur les lieux et ont ordonné à l’entrepreneur d’arrêter les travaux jusqu’à nouvel ordre. La démolition n’aura donc pas lieu aujourd’hui. Toutefois, la pelleteuse est toujours sur les lieux. Les membres du conseil de village ainsi que ceux du conseil de district sollicitent une rencontre avec le ministre de l’Environnement, Etienne Sinatambou, pour discuter de ce problème.