La construction des maisonnettes de la National Empowerment Foundation à Gros-Cailloux, destinées aux familles démunies, est terminée et les ouvriers s’activent à la construction des drains et à l’aménagement de la cour. Les ex-habitants de River Bank Anse-Courtois qui en seront les premiers locataires devront s’armer de patience avant l’emménagement. « Même s’il s’agit d’un cas de force majeure, il faut suivre les procédures », dit avec insistance la PPS Aurore Perreau, responsable de ce dossier. Certes, ces familles seront logées dans des abris beaucoup plus solides et pourvus de sanitaires, mais l’étroitesse de ces logements pourrait générer de sérieux problèmes pour celles qui sont nombreuses.
Au total, 59 maisonnettes ont été construites sur ce terrain à Gros-Cailloux. Cet espace individuel de 33 m2 comprend une kitchenette, deux chambrettes, WC/salle de bains et un coin pouvant servir de living/dining room. En raison du manque d’espace, les futurs occupants devront privilégier l’essentiel et laisser des objets encombrants et qui ne seront d’aucune utilité dans la vie de tous les jours. La connexion d’eau et d’électricité a déjà été faite et la NEF a aussi fait installer sur la toiture des maisonnettes un réservoir. Des ouvriers mettent les bouchées doubles pour terminer la construction des drains, la clôture et l’asphaltage de la cour.
Les douze familles, logées depuis deux semaines dans un centre à Beau-Bassin et qui devront faire leur entrée dans ces maisonnettes neuves à Gros-Cailloux, montrent des signes d’impatience. Elles ont visité leurs nouvelles demeures la semaine dernière en présence de la PPS Aurore Perreau, du père Gérard Mongelard et des membres du Comité de Soutien.
Les animateurs de l’ONG Family Care, qui encadrent ces familles depuis leur départ d’Anse-Courtois, notent une certaine tension depuis le dernier week-end dans cet espace commun à Beau-Bassin. Selon eux, ce séjour temporaire, mais qui commence à durer, donne lieu à certains problèmes pour le vivre ensemble. « Il y a quelques frictions en raison de la promiscuité et d’un manque d’intimité pour ces familles, sans compter des problèmes d’ordre pratique. Nous sommes là pour l’accompagnement de ces familles en ce temps difficile et nous aidons aussi dans la gestion du quotidien. Mais nous ne pouvons résoudre tous les problèmes. Aussi, demandons-nous aux autorités de faire diligence pour leur installation à Gros-Cailloux tout en respectant bien sûr les procédures », dit Jean-Marie Pazot, directeur exécutif de Family Care.
Le père Mongelard qui était à Gros-Cailloux hier après-midi afin de constater l’avancement des travaux, lance lui aussi un appel pressant aux autorités. « Les adultes veulent être fixés car il y a eu trop d’instabilités dans leur vie depuis le début du mois d’avril. Chaque matin, ils demandent quand ils vont partir mais je suis peiné de ne pas pouvoir leur donner de date exacte », dit-il, désolé.
Dans une déclaration au Mauricien ce matin, la PPS Aurore Perreau, affirme que la NEF ainsi que toutes les autorités concernées par ces logements sociaux à Gros-Cailloux « s’occupent du cas des familles d’Anse-Courtois en priorité ». « C’est un cas exceptionnel et le gouvernement a compris l’urgence de donner un toit à ces familles. Nous allons honorer notre engagement mais les familles doivent comprendre qu’il y a des procédures à respecter. La NEF s’active et le board de cet organisme se réunira la semaine prochaine pour avaliser leur entrée dans ces maisons », a déclaré Aurore Perreau, qui demande à ces familles de faire preuve de patience. Et d’ajouter que les responsables de la NEF rencontreront les familles avant le déménagement pour leur communiquer les détails du contrat de location. « Elles ne bougeront pas avant que les officiers de la NEF ne les rencontrent », a indiqué la PPS.