La piste des Nightclubs et des maisons de jeu pour des opérations de blanchiment de fonds des trafiquants de drogue, évoquée depuis le début du démantèlement du réseau Gros Dereck, se confirme. Ainsi, se sachant recherché par la brigade de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de la Plaine-Verte depuis la, fin de la semaine dernière, Roukesh Hemraj, alias Ronnie, âgé de 36 ans, et très connu dans le monde du Nightlife à l’Ouest, a préféré se constituer prisonnier hier en compagnie de son homme de loi, Me Sanjeev Teeluckdharry. Il a comparu en Cour de Rose-Hill, en début d’après-midi pour des délits sous le Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA)  et a été reconduite en cellule policière vu que son interrogatoire n’a pas encore été initié par les hommes de l’inspecteur Assaad Rujub de l’ADSU de la Plaine-Verte.
L’arrestation de cet homme d’affaires, la neuvième de la série Gros Dereck depuis la double saisie de 12 kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 180 millions, pourrait relancer l’enquête sur le Money Trail sous la direction de l’Assets Forfeiture Office en vue de retracer les « Ill-Gotten Wealth » de la mafia de la drogue à Maurice. Roukesh Hemraj, alias Ronnie, se retrouve dans le collimateur de l’ADSU de la Plaine-Verte suite à des dénonciations du chauffeur de taxi, Ashish Dayal, le State-Witness-in-Waiting. Celui avait soutenu avoir accompagné Rudolf Dereck Jean-Jacques, alias Gros Dereck, chez une tierce partie à Quatre-Bornes, un dénommé S. B., en vue de rencontrer le dénommé Ronnie.
Lors des rencontres en pas moins de deux occasions, Gros Dereck aurait remis des sommes globales de Rs 5 millions à Ronnie pour des investissements dans une discothèque dans la région de Rivière-Noire. Certaines sources parlent de Cascavelle. Ce versement de Rs 5 millions ne serait que le bout de l’iceberg car le projet de discothèque aurait déjà englouti une somme entre 20 et Rs 50 millions fournie par le mécanicien de Richelieu, toujours de blanc vêtu.
Le suspect Ashis Dayal a formellement identifié, hier, lors d’une confrontation, Ronnie « kuma sa dimoune ki mon inde kozé dan mo lanket là». Ce à quoi, Roukesh Hemraj devait répondre de manière catégorique « mo pas konne li mwa. Mo pa konné ki li p kozé ». Le dénommé Ronnie, qui doit être interrogé probablement dès cet après-midi, nie toute connexion avec la bande à Gros Dereck.
Les séances d’interrogatoire risquent d’être particulièrement éprouvantes pour le suspect Roukesh Hermraj. L’exercice se déroulera sur la base d’un Audit complet des placements et des investissements encourus au cours de ces dernières années. Le suspect sera confronté aux conclusions d’un Audit Trail mené conjointement par l’ADSU, la Financial Intelligence Unit, la Mauritius Revenue Authority sous la houlette de l’Assets Forfeiture Office. Il devra fourni des preuves et des explications sur les « Sources of Funds » pour ces investissements.
A ce chapitre, l’identité de la tierce partie présente lors des rencontres entre Gros Dereck et Ronnie devra mener les enquêteurs à la porte du bureau d’un banquier considéré comme étant au-dessus de tout soupçon. Cette tierce partie serait le contact majeur entre le réseau Gros Dereck et le banquier pour des activités de blanchiment de fonds à grande échelle.
Le dénommé S. B., jouant de son influence auprès de banquier bienveillant, a bénéficié d’importantes facilités financières versées sous forme de prêts en Upfront pour des projets-bidons dans le tourisme-réceptif, notamment la location de voitures. Le dossier compilé jusqu’ici indiquent que les facilités de crédit-bail ont permis à cette « couverture alléguée » de la mafia de faire l’acquisition d’au 130 véhicules, dont des grosses cylindrées déjà saisies par l’ADSU dans le cadre de cette enquête.
Avec le début cet après-midi de l’interrogatoire de Roukesh Hemraj en présence de ses conseils légaux, l’ADSU pourrait envisager de procéder à l’arrestation du dénommé S. B. pour compléter le réseau de blanchiment de fonds avant de débarquer à la banque concernées pour prendre possessions relatifs en vue de confirmer le « Fast Track », dont bénéficiait en toute impunité le réseau Gros Dereck au sein de cette institution financière.