Plus de cinq semaines après avoir porté plainte au Central CID contre le leader du FSM Cehl Meeah pour des délits de diffamation criminelle et diffusion de fausses nouvelles concernant le transfert allégué de Rs 25 millions du compte bancaire de Dereck Jean-Jacques, le ministre des Administrations régionales porte l’affaire au civil. Hervé Aimée réclame Rs 25 millions de dommages et intérêts à Cehl Meeah. L’affaire a été logée en Cour suprême en début de semaine par les conseils légaux du ministre et devra être appelée Pro Forma le 31 janvier.
Dans la plainte, les hommes de loi du ministre, Oopuddhye Jankee et Joy Beeharry, reviennent sur le meeting tenu par le leader du Front Solidarité Mauricien (FSM), Cehl Meeah, à Plaine-Verte le vendredi 30 novembre dans le cadre de la campagne pour les élections municipales. Selon le ministre, Cehl Meeah a fait des accusations « wrong and malicious » à son encontre en se référant à l’affaire Gros Dereck. Hervé Aimée ajoute que les « defamatory statements » du député Cehl Meeah ont reçu une couverture médiatique importante, causant des préjudices majeurs à sa personne.
Pour conforter ses accusations dans sa plainte contre le leader du FSM devant la Cour Suprême, Hervé Aimée reprend deux flash news du samedi 1er décembre de deux radios privées, Radio Plus et Radio One, diffusant des informations ayant trait aux accusations de Cehl Meeah. La plainte fait également état de « moqueries » que le ministre des Administrations régionales a subies lors des meetings en marge des élections municipales de 2012 et résultant des « tortuous acts and doings » de Cehl Meeah.
Selon Hervé Aimée, il était nécessaire de porter l’affaire au civil contre le député Cehl Meeah sur qui pèse une double inculpation provisoire de diffamation criminelle et de « publishing false news » devant la justice concernant ses allégations de transfert de fonds de Rs 25 millions lié au réseau de drogue Gros Dereck. « Après un mois passé, si Cehl Meeah était un politicien sérieux, il serait au moins venu dire dans quelles circonstances il a porté ces accusations et les raisons qui l’ont motivé à le faire. Avec tout ce qu’il a pu dire, je pense que c’est de mon devoir d’aborder cette deuxième étape, au civil, pour que Cehl Meeah vienne faire état de ses motivations quant à de telles allégations », a déclaré le ministre Aimée au cours d’un point de presse hier après-midi.
Tout au long de cet exercice médiatique le ministre des Administrations régionales a soutenu qu’il n’a rien à se reprocher dans ce transfert allégué de Rs 25 millions du compte de Dereck Jean-Jacques alias Gros Dereck. « Depuis le jour de ma déclaration au Central CID, j’avais dit que j’étais prêt à disclose mes comptes bancaires avec toutes mes transactions concernant ces dernières 20 années. J’invite n’importe quelle institution qui a la responsabilité financière de procéder à toutes vérifications. Seki mo pe dir zot zordi, monn dir li dan mo lanket, monn dir li dan mo konferans depres ek mo pou redir li ankor ! », a soutenu Hervé Aimée.
Par ailleurs, les deux radios privées Radio Plus et Radio One font également l’objet de poursuites au civil pour diffusion d’informations contenant des « malicious allegations grossly defamatory ». Hervé Aimée a demandé une réparation à hauteur de Rs 10 millions à chacune d’elles. Le ministre des Administrations régionales devait affirmer ceci par la suite : « Morisien an zeneral aster, nou finn vinn frian de linformasyon. C’est bien dans une démocratie saine. Me zournalis ena responsabilite pou verifie linformasyon ek demann mwa mo lavi kan enn dimoun pe fer akizasyon koum sa. Malerezman se dernie tan, mo bien sagrin dir, me bann zournalis pa verifie zot linformasyon. Mo estime pa zis Cehl Meeah ki bizin port sapo me osi bann zournalis ki difiz bann linformasyon ek sirtou bann linformasyon osi damning ki kapav sap moral enn dimoun. »