Les mesures d’urgence prises dans le sillage du mauvais temps qui a affecté tout le pays la semaine dernière, plus précisément les 23 et 24 décembre, ont permis d’éviter des catastrophes, notamment à Canal Dayot et Sable-Noir, répertoriés comme des zones à risques depuis les inondations du 30 mars 2013. Si les habitants de ces régions, vivant encore avec le traumatisme de ces inondations, concèdent que la situation de crise a été gérée, ils demandent néanmoins que les travaux d’infrastructure visant à évacuer l’eau des pluies soient complétés au plus vite, car les conditions climatiques en cette période de l’année sujette à des cyclones représentent des risques.
“15 minutes de plus et il y aurait eu des morts”, racontent les membres des Forces Vives de Sable-Noir, vivant encore avec le spectre du 30 mars 2013. Mais heureusement — grâce à la prompte intervention des autorités qui ont élargi le goulot d’étranglement se situant du ponton aux abords de plusieurs maisons où converge le canal d’évacuation nouvellement construite — la catastrophe a été évitée. Même si une deuxième fois, dans la soirée, aux alentours de 23 heures, les autorités ont dû, à nouveau, intervenir pour désobstruer les lieux, sous la supervision du ministre de l’Environnement lui-même, Raj Dayal, ainsi que des députés du No 1, Alain Wong, Patrice Armance, Danielle Selvon et la ministre Aurore Perraud. Le lendemain, un excavateur a été envoyé sur les lieux pour débarder la région des détritus, et les habitants ont obtenu la garantie que les travaux, dont le work order avait déjà été alloué en novembre dernier pour la construction d’un nouveau pont, au coup de Rs 8 millions seront entrepris au plus vite. Il sera aussi question de revoir le mur de soutènement dans cette région.
Entre-temps, Raj Dayal qui, après un constat, a déploré le manque d’équipements pour faire face à des catastrophes naturelles, a annoncé l’acquisition prochaine par le gouvernement d’un pont mobile pouvant s’étendre sur 75 mètres.
Les pluies diluviennes ont aussi provoqué la panique et fait remonter de mauvais souvenirs chez de nombreux habitants de Canal Dayot. Mais plus de peur que de mal, heureusement. Ce, grâce aux mesures d’urgence prises par les autorités, expliquent les habitants qui ont vu leur cour envahie par la montée des eaux. Si plusieurs habitants de Canal Dayot ont eu le réflexe de se précipiter vers les hauteurs en ce mardi après-midi où les grosses averses s’abattaient sur la région, d’autres ont mis la main à la pâte pour dégager les passages obstrués de branches et autres détritus.
Déjà, suivant la visite des lieux effectuée dimanche par le ministre Dayal, des dispositions avaient été prises depuis lundi dernier par le personnel du ministère de l’Environnement, de la Protection en cas de catastrophe naturelle et de la Beach Authority, pour limiter les catastrophes en enlevant les ordures et hautes herbes sur la berge de la rivière. Une machine a également déblayé le canal afin d’éviter d’autres catastrophes à cet endroit. Dans l’après-midi du 23 décembre, le National Disaster Risk Reduction and Management Committee a pris les dispositions pour parer à toute éventualité. Les forces de l’ordre étaient prêtes à intervenir. Une cinquantaine d’officiers de la Special Mobile Force (SMF) et du Groupe d’intervention de police mauricienne (GIPM) étaient mobilisés.