La Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA) a enregistré 107 cas de grossesses précoces depuis le début de l’année. Selon la directrice de cette organisation, le chiffre est comparable à pareille époque en 2015 et sur les dix dernières années, le taux a même baissé. Mais celui-ci demeure toutefois « sérieux », selon Vidya Charan, le problème se répétant dans certaines régions. Les adolescentes issues de milieux difficiles et vulnérables, comme des familles effritées ou recomposées, comptent parmi les plus vulnérables. La directrice de la MFPWA conseille aux jeunes de bien s’informer et de ne pas hésiter à contacter la MFPWA au sujet de la santé reproductive.
« Il y a une dizaine d’années, le nombre de grossesses précoces était un peu plus élevé. De 30%, on est passé à 28%, 23%. Avec les programmes de sensibilisation mis en place par la MFPWA et le ministère, le taux a baissé, mais on continue quand même à avoir des cas de grossesses parmi les jeunes de 14 à 15 ans, qui devaient être au collège et n’ont pas encore fondé une famille. Les cas enregistrés chez nous concernent des jeunes entre 13 et moins de 18 ans », explique la directrice de la MFPWA.
Selon elle, ces cas enregistrés à la MFPWA concernent des jeunes issus de familles très vulnérables, touchées par la pauvreté. « Les familles sont effritées ou recomposées », indique Vidya Charan. Ce qui est inquiétant, selon elle, c’est « surtout le fait que cette grossesse précoce affecte les études » de ces jeunes filles. « Elles doivent s’absenter du collège pour mener à bien leur grossesse, sans compter les risques de santé attachés. Elles ne peuvent souvent pas subvenir aux besoins de leur enfant et risquent d’être à nouveau exploitées quand elles sont en difficulté financière. Certains essaieront d’abuser d’elles. C’est cela qui inquiète le plus. Sans compter qu’elles sont souvent délaissées par le père de leur enfant. »
La MFPWA vient en aide aux adolescentes enceintes en leur apportant un service de conseils. « On suit les adolescentes jusqu’à la fin de leur grossesse. On essaie de réunir les familles et de faire de sorte que le géniteur puisse prendre en charge le bébé. On les réfère aussi aux instances appropriées, à l’exemple de la Sécurité sociale. Nous avons aussi un service de contraception pour aider l’adolescente à ne pas tomber enceinte à nouveau et on l’aide à reprendre ses études », relate la directrice.
D’après Vidya Charan, pour réduire davantage le problème de grossesse précoce, « il ne suffit pas de simples informations, mais d’informations bien structurées ». Elle poursuit : « C’est pour cela qu’on demande un programme d’éducation sexuelle bien structuré, pour que cela ait un impact sur le comportement des jeunes. On sensibilise les jeunes dans les collèges, mais on ne peut toucher tous les établissements. » La directrice de la MFPWA conseille aux jeunes « d’être responsables de leurs actions pour construire leur avenir ».