Pour célébrer dignement son 30e anniversaire, et avec lui 30 ans de lutte acharnée en faveur des Chagossiens, le Groupe Réfugiés Chagos (GRC) prévoit toute une série d’activités, du 25 octobre au 3 novembre. Le programme a été présenté hier au siège de l’organisation à Pointe-aux-Sables.
Le GRC organisera une série d’activités pour fêter ses 30 ans d’existence. Le point culminant sera une conférence de trois jours (29-31 octobre) avec des intervenants provenant de France, de la Réunion, du Royaume Uni, des États-Unis et de Maurice. Olivier Bancoult, leader du GRC, s’est dit heureux et fier au nom de la communauté chagossienne de pouvoir organiser un tel événement, malgré toutes les difficultés auxquelles ils ont fait face, en autre, l’absence de fonds. « Tous nos conférenciers sont des amis de la cause chagossienne de longue date, ils viennent par leurs propres moyens et c’est bien la première fois qu’on verra une telle conférence se dérouler sous une salle verte ». Malgré l’absence des fonds nécessaires, dit-il, « we will never give up, nous retournerons sur la terre où nous sommes nés, c’est un droit universel de tous les peuples. Chaque humain a besoin et a le droit de connaître ses origines. »
Dans cette lutte féroce, venant du coeur, pour avoir une dignité, Olivier Bancoult précise d’ailleurs que « tout ce qui a été accompli à ce jour, n’aurait pas été possible sans la participation des femmes chagossiennes, notamment l’une des fondatrices du GRC, Lisette Talatte ». À travers cette semaine spéciale, les Chagossiens cherchent à attirer l’attention de tout un chacun sur leur situation, qui est un problème persistant, et pouvoir retrouver leur terre natale. Le GRC étant une organisation reconnue et enregistrée au sein du programme de Corporate Social Responsibility (CSR), le leader du groupe ne comprend cependant pas la réticence de certaines compagnies à participer à ce combat.
Pour Olivier Bancoult, « tout le monde oublie l’importance de ce combat ». Il soutient également que « nou pa anvi rant dan bann problem politik nou », tout en ajoutant que l’île Maurice est le témoin numéro 1 du déracinement des Chagossiens.
Le professeur Vinesh Hookoomsing a aussi rappelé l’enjeu majeur de cette conférence, à l’issue de laquelle seront organisés des groupes de travail. Une série de résolutions et un plan d’action, indique-t-il, seront élaborés à l’échéance de 2016, date d’expiration du bail des États-Unis.
La suite de la semaine sera marquée par une exposition photographique itinérante dont l’inauguration se déroulera à la municipalité de Port-Louis le 25 octobre. Des images qui relatent la vie aux Chagos, l’installation de l’armée et le triste exil de ces familles, parmi lesquelles plus de 100 natifs sont décédés ces dix dernières années. Le 3 novembre sera une journée marquée par la bonne humeur et la générosité des Chagossiens, qui feront partager aux visiteurs leur culture îloise : cuisine chagossienne et concert d’artistes chagossiens, mauriciens et réunionnais sont notamment au programme. La conférence ainsi que la journée portes ouvertes se déroulera au Centre Lisette Talatte, à Pointe-aux-Sables.
Le président de la République, Kailash Purryag, procédera à l’ouverture de la conférence ainsi qu’au lancement de la journée chagossienne. Parmi les intervenants seront présents le Professeur Chan Low de l’Université de Maurice, Richard Gifford, avocat de la cause chagossienne, Richard Dunne, avocat spécialisé en loi environnementale, David Snoxell, ancien Haut Commissaire Britannique, Vinesh Hookoomsing, professeur à l’Université de Maurice et Cassam Uteem, ancien président de la République mauricienne.