Le réaménagement du calendrier scolaire, qui s’étendra jusqu’à la février-mars de l’année prochaine, suscite de nombreuses interrogations chez les enseignants. Ainsi le Government Secondary School Teachers Union (GSSTU) se demande si dans cette conjoncture, il faut continuer les cours en ligne. « Ces cours ont débuté le 6 avril dernier et les classes reprennent physiquement à partir du 3 août. Cependant, on n’a pas dit s’il y aura un temps de repos pour les enseignants. Est-ce que le ministère tiendra compte du travail abattu par les enseignants pendant ce temps ? Est-ce que cet investissement pédagogique sera balayé d’un revers de la main et tombera automatiquement à l’eau si nous sommes appelés à recommencer à partir d’août ? » se demande Yugeshwar Kisto, le président.

Selon le syndicat, tout acheminement pédagogique requiert des intervalles de rupture sous forme de vacances scolaires pour les élèves afin de préserver leur bien-être et leur stabilité physique, émotionnelle et psychologique. « Si les cours en ligne durent jusqu’au mois d’août, et donc la rentrée, il n’y aura aucune période de repos, que ce soit pour les élèves ou leurs enseignants, ce qui est clairement une dérive quant au bien-fondé de l’apprentissage structuré. Est-ce que le ministère compte établir un plan de repos intermittent avant la rentrée d’août, prenant en compte que les élèves ont à peine soufflé après le décret du confinement sanitaire, qui a enchaîné avec les cours en ligne ? »

Le syndicat déplore également les pressions mises sur les enseignants qui, dit-il, ont continué le cursus pendant la crise sanitaire. « Maintenant, le QAID et certains recteurs accentuent la pression sur les enseignants pour qu’ils fournissent des preuves de leurs activités en ligne avec leurs élèves, et organisent en simultané une chasse aux sorcières afin d’obtenir les détails de ceux qui n’ont pas dispensé des cours en ligne. Est-ce que le ministère a pris en considération que plusieurs enseignants n’ont pas accès à Internet et que d’autres n’ont pas reçu de formation pour dispenser des cours en ligne ? »

Revenant sur le nouveau calendrier scolaire, la GSSTU se dit en faveur de la tenue des examens internes en décembre, en prenant en considération le travail déjà abattu pendant le premier trimestre. Ce qui permettrait d’avoir une rentrée normale en janvier 2021. « L’arithmétique est simple : les élèves n’ont perdu que deux semaines de travail post-confinement en prenant en compte les cours en ligne annoncés par le ministère, qui nous donne le temps dans une mesure raisonnable de solidifier les acquis et ainsi organiser ces examens internes en fin d’année. »