En relation avec le départ prématuré du Professeur Konrad Morgan, nous avions posé une série de douze questions au président du Conseil d’administration de l’Université, le Professeur Jugessur, pro-chancelier, pour éclairer la population sur les vraies raisons de ce départ. Sur les douze questions, il a répondu seulement à la première question, qu’il n’y avait pas de candidat mauricien à la hauteur du poste, deux ans de cela. Il esquive les autres questions, sauf deux mais dont les réponses comportent des lacunes : un score peu flatteur, que nous allons corriger dans cette lettre.
Voyons en face, donc, la vérité que M. Jugessur esquive et pour laquelle nous avons suffisamment de documents officiels pour le prouver.
Prof Morgan fut mandaté par le Conseil pour travailler sur un plan de réforme.
Prof Morgan avait déjà produit un document de 150 pages sur les faiblesses de l’Université après avoir rencontré tous les employés de l’institution. Ce document est à la base de départ du plan de réforme subséquent.
Vous aviez vous-même présidé le sous-comité pour étudier et finaliser le plan de réforme. Le plan final, approuvé à l’unanimité par votre sous-comité, fut présenté au conseil le 26 août. Les recommandations du sous-comité furent également approuvées par le Conseil.
Le plan fut également présenté au Sénat, malgré votre intervention pour retarder cette consultation, qui exprima ses points de vue. Il n’y avait aucune objection d’une quelconque nature académique de la part du Sénat et le plan fut donc ratifié par le Conseil le 3 octobre 2011. Le Conseil décida de référer le plan à un task force indépendent, présidé par M. Dan Bundhoo, pour préparer sa mise à exécution.
Concernant vos commentaires sur le task force, nous vous référons à l’interview de M. Dan Bundhoo (le Défi Quotidien du mardi 24 janvier) qui dément carrément ce que vous avancez. De plus, le travail effectué par le task force va dans le même sens que le plan approuvé par le Conseil et qui aurait dû, donc, être implémenté le 22 décembre 2011.
On connaît la suite des événements…
Vous prétendez n’avoir jamais dit à qui que ce soit qu’on ne peut aller de l’avant avec le plan. Nous vous référons, encore une fois, à votre propre déclaration au Mauricien du vendredi 13 janvier. Serait-ce donc le journal Le Mauricien qui aurait menti?
Concernant la requête du ministère pour avoir un observateur sur le Conseil, c’est bien vous, en tant que président du Conseil, qui avez décidé de considérer cette demande en l’incluant sur l’agenda du Conseil (réunion du Conseil de mars 2011). Vous ne pouvez pas maintenant nier les faits ni esquiver vos responsabilités. D’ailleurs, c’était le même scénario pour considérer la requête du ministre d’avoir les numéros de téléphone des chefs des départements pour organiser des réunions de travail avec lui (réunion du Conseil de septembre 2011). Heureusement pour l’Université, les membres du Conseil, soucieux de préserver l’autonomie de l’Université, ont eu le courage et la sagesse de rejeter ces tentatives malsaines.
L’Universite est une institution académique, donc, le plus important au coeur du processus sont les étudiants et les académiciens. Les autres ne sont que des instruments de support, certes importants – mais des accessoires néanmoins qui ne peuvent pas dicter leurs petites ambitions aux autres.
Que ça n’en deplaise à M. Jugessur, nous continuerons à combattre pour la défense et l’intérêt de nos institutions, tâche pronée par le Premier ministre lui-même.  
En lisant les informations dans la presse ces derniers temps, l’île Maurice regrette le départ prématuré et douloureux du Professeur Morgan. Le pays constate également que vous, M. Jugessur, n’avez pas été à la hauteur de vos responsabilités et que vous avez laissé tomber votre vice-chancelier. Votre présence à la tête de l’institution porte désormais atteinte à l’honneur et à la réputation de notre auguste Université.