Depuis quinze ans, un Mauricien fait partie de l’équipe qui réalise Groland, une des émissions cultes et déjantées de Canal+. Nous l’avons rencontré lors d’un de ses séjours réguliers à Maurice, la semaine dernière. Voici son portrait qu’il nous a demandé – comme dans les émissions de disques préférés – de dédier à son père, ancien enseignant du collège Royal vivant aujourd’hui en France.
Gustave Kervern est né à Maurice et y a passé les sept premières années de sa vie, « les plus importantes qui soient », avant d’aller s’installer en France avec ses parents. Après une adolescence sans histoire, il décroche un diplôme dans une école de commerce tout en rêvant de travailler dans le milieu de la musique. Il monte à Paris pour essayer de réaliser son rêve mais n’y parvient pas, faute de contacts. Cependant, grâce à la filière mauricienne en France, il décroche un petit boulot à la télévision en entrant dans l’équipe d’un des animateurs populaires des années 80, Patrick Sabatier. Il est viré au bout d’un an, mais commence à faire des petites chroniques décalées à la radio dans l’émission d’une autre célébrité de la télévision française, Arthur, où débute Gad Elmaleh. Est-ce que Gustave Kervern, dont le rêve était d’être facteur à Baie-du-Cap, savait écrire des chroniques décalées ? « Absolument pas. Je n’avais aucune prédisposition à écrire, ni à quoi que ce soit d’ailleurs, et n’avais pas non plus de vocation artistique. Tout ce qui m’intéressait, c’était de travailler dans un milieu intéressant avec des gens sympa. Donc, quand j’ai été viré par Sabatier et qu’Arthur m’a demandé si je savais faire des chroniques, j’ai dit oui et j’ai appris sur le tas. Poussé par le vent, j’ai eu la chance de rencontrer des gens bien, sur un bon chemin, en tout cas celui qui me convenait. C’est toujours par rencontres que ça a toujours progressé, dans le bon sens dans ma vie professionnelle. » C’est tout en faisant des piges pour Arthur qu’il rencontre Yvan Le Bolloc’h et Bruno Solo, qui travaillent alors sur Canal+ et sont à la recherche d’un sketch writer pour leurs émissions. « Ils cherchaient un auteur, moi je n’avais rien écrit. J’ai envoyé un faux certificat d’auteur et j’ai été engagé pour écrire des sketches sans savoir comment écrire un texte. J’ai vraiment commencé a écrire en 1993, et fait une émission pour Canal+ qui s’appelait Le plein de super, qui se déroulait dans une grosse bagnole américaine, et où je couvrais tous les festivals de musique de France. J’ai fait des reportages qui ont marqué les esprits. C’était vraiment la grande époque de Canal+.