Comme nous l’écrivions dans notre édition du 11 mai dernier, la situation au sein de la Mauritius Gymnastique Federation (MGF) est devenue de plus en plus chaotique. Alors que cette fédération est encore à la recherche d’une reconnaissance de la part du ministère de la Jeunesse et des Sports, il se pourrait bien que le comité directeur de la MGF n’a pas de locus standi devant la loi, à savoir le Sports Act. En effet, la démission d’Alain Wong, qui représentait l’Étoile du Nord Grand Baie Gymnastic Club, le 5 juin dernier fait que selon les informations de Week-End, il ne reste que six personnes pour diriger les affaires de cette fédération. Si cette information se confirme, il va sans dire que la MGF est en contravention avec le Registrar of Association Act. Puisque le comité directeur de ladite fédération «fall under seven.»
Visiblement, la Mauritius Gymnastic Federation n’a pas l’image de ce qu’elle cherche à véhiculer dans une certaine presse ces derniers jours. Au lieu  d’être une fédération d’un sport olympique par excellence, la MGF est non seulement rongée par une mauvaise gestion, elle est aussi aujourd’hui la proie d’une guerre ouverte pour le contrôle de ce qu’on peut désormais appeler le «business de la gymnastique à Maurice». Est venue se greffer à cette double situation de malaise, une situation de passe droit et de favoritisme entre le président Sarvesh Lutchmun et son frère, Bhrij Lutchmun, qui est aussi le secrétaire de la MGF.
Venons-en d’abord à cette nouvelle démission qui frappe cette discipline. En fait, c’est la sixième démission enregistrée depuis que cette fédération a vu le jour. Des huit personnes qui formaient le comité de départ, quatre — dont Kim Gueho, la présidente de la fédération équestre — ont déjà quitté le navire et ont été remplacées sans passer par des élections. Après le départ de Nathalie Gourel de St-Pern, du Club  de Rivière Noël, c’est au tour d’Alain Wong, sportif très connu à Maurice, de prendre ses distances de la fédération. Dans sa lettre de démission, il explique qu’il existe (a) un manque d’organisation et de gestion au sein de la MGF, (b) que la MGF ne répond jamais aux lettres des clubs, (c) un mauvais traitement accordé aux clubs membres et (d) une mauvaise allocation du budget de la fédération entre autres. Il nous revient  que c’est encore plus un sentiment de ras-le-bol qui a motivé le départ d’Alain Wong.
Mais cette nouvelle démission vient mettre plus en évidence le business lucratif qui se met, lentement mais surement, autour de la pratique du gymnastique à Maurice.
Lorsque le club de Rivière Noire avait claqué la porte de la fédération en mai dernier, le président de la MGF, Sarvesh Lutchmun, avait expliqué dans les colonnes du Mauricien que c’était bien que ce club a quitté la fédération car le club imposait des frais de l’ordre de Rs 1000 à Rs 2000. «Nous prenons Rs 10 à Rs 100 par mois et par gymnaste,[ …] je refuse qu’un club de la FMG impose des frais excessifs aux jeunes car cela nous empêche d’atteindre nos objectifs» dixit Sarvesh Lutchmun dans l’éditon du 24 mai 2014 du Mauricien. C’est ce qu’on appelle pris dans un flagrant délit de mensonges car nous détenons la preuve que son frère, Bhrij Lutchmun— qui, il faut le rappeler n’est en aucune façon un entraîneur qualifié pour la gymnastique dans le vrai sens du terme — organisait des cours de gymnastique à Rs 250 la session. Ceux qui veulent avoir accès à ces cours au The Club à Forbach doivent débourser une «entry fee» de Rs 500. C’est de toute évidence, des chiffres loin des Rs 10 et Rs 100 indiqués par le président de la FMG.