Le président du Nurses Union Bolanath Jeewuth a déclaré ce matin lors d’une conférence de presse que la situation dans les hôpitaux est déplorable. Il suggère que des mesures soient prises au plus vite pour remédier au manque de personnel.
Bolanath Jeewuth déplore que le ministère de la Santé fait la sourde oreille, et ce même si le syndicat lui a adressé plusieurs correspondances pour attirer l’attention sur la situation qui prévaut dans les établissements de santé. « On ne nous a même pas fait savoir que notre demande a été reçue. »
Le manque aigu de personnel dans les hôpitaux a été dénoncé par le secrétaire du Nurses Union Rajeev Jeetun, citant la situation à l’hôpital Victoria à Candos. « La politique du gouvernement est d’améliorer les services dans les hôpitaux, par exemple concernant le traitement par la méthadone. C’est très louable, mais où aura-t-il le personnel nécessaire pour s’occuper de chaque patient ? Le problème reste entier : beaucoup d’hôpitaux manquent de personnel. Il n’a que deux personnes qui travaillent le soir et le matin. Ils s’occupent des malades, cherchent du sang, entre autres. Comment est-ce possible ? »
Dinally Bilgis, vice-présidente du Nurses Union, a attiré l’attention sur les problèmes liés à la sécurité, l’abus de pouvoir et de chantage. Elle soutient que les infirmiers subissent des agressions verbales, et quelques fois physiques, dans les hôpitaux. « De plus, quelques employés menacent de contacter des hauts cadres, policiers ou politiciens… »
Il y a un « hidden political agenda » derrière la dégradation continuelle des hôpitaux, soutient par ailleurs Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress. La situation actuelle est « pourrie », affirme-t-il. Haniff Peerun se demande si ce laisser-aller est intentionnel. « Il est clair que nous allons vers la privatisation du secteur de la santé, vu la proposition faite lors du budget concernant l’assurance scheme ; c’est promouvoir la santé privée. » Et d’estimer par ailleurs : « Les équipements sont obsolètes, il n’y a même pas de mess room dans la plupart des hôpitaux, les infirmières s’occupent des patients et mangent dans la même salle ! Et la dignité humaine dans tout cela ? D’ailleurs, il y a un gros manque de planning et cela pose de lourds inconvénients aux malades, au personnel et à la population mauricienne. »
Le syndicat propose cinq recommandations aux problèmes énoncés. Toutes ont déjà été envoyées au ministère et certaines depuis un an déjà. « Une bank issue destinée à couvrir le travail réalisé aussi bien le soir que le jour ; une conférence mensuelle dans tous les hôpitaux de l’île pour passer en revue la situation dans les établissements de santé et d’y envisager les solutions adéquates », propose Bolanath Jeewuth. Des changements sont à apporter concernant le Certificate in Nursing et sur la situation de chaque infirmier, soutient-il. « Actuellement, un certificat est délivré aux infirmiers par le Mauritius Institute of Health. Nous avons déjà travaillé sur un syllabus pour y apporter les changements nécessaires afin qu’il devienne un diplôme. Rien n’a été fait jusqu’à présent pour approuver le changement. Pour accéder au poste d’infirmière en charge, il faut que l’infirmière soit titulaire d’un certificat additionnel, tandis que dans le cas d’un infirmier ce certificat n’est pas nécessaire. C’est pour cela qu’il faut abolir ce certificat. »
Le syndicat n’a pas manqué de faire ressortir que les infirmiers ne sont toujours pas payés pour les heures supplémentaires effectuées. Et pour certains, depuis plus d’un an.