La Nursing Association a dénoncé l’exploitation des infirmières dans les hôpitaux publics et les discriminations qu’elles subissent par rapport à leurs collègues masculins. À un point de presse ce matin, Bagooduth Kallooa, président du syndicat des infirmiers, a indiqué que le personnel soignant de sexe féminin doit attendre 30 ans pour obtenir une promotion… Et quand l’exercice est réalisé, c’est sans effet rétroactif. Le syndicat engagera une action en Cour suprême pour réclamer des dédommagements au ministère de la Santé.
« Les infirmières souffrent. Les injustices dont elles font l’objet n’ont jamais été corrigées malgré nos multiples démarches », a déclaré Bagooduth Kallooa. Un jugement du Public Bodies Appeal Tribunal en juillet n’a pas donné gain de cause au syndicat des infirmiers, qui a sollicité une rencontre avec le nouveau ministre de la Santé Lormus Bundhoo. « Nous espérons qu’il sera à l’écoute. Le sort des infirmiers et des Health Care Assistants ont été jusqu’ici le dernier des soucis des ministres de la Santé », constate la Nursing Association. « Nous attendons un changement d’attitude envers le personnel soignant », indique le président de la NA.
Les infirmières sont employées dans les hôpitaux à 20 ans et travaillent pendant 30 ans sans aucune promotion. « D’après leur scheme of service, les infirmières sont admissibles au poste de Charge Nurse après huit ans de service », affirme Bagooduth Kallooa. 30 infirmières ont été promues en 2009 alors qu’il y avait 132 postes vacants. « Nous déplorons la léthargie des autorités et les retards excessifs pour donner leur dû au personnel soignant », déclare le président du syndicat des infirmiers.
Bagooduth Kallooa s’insurge contre le fait que les fonctionnaires ont dû signer un formulaire d’acceptation du rapport du Pay Research Bureau (PRB) et renoncer ainsi à revendiquer leur dû. « Le ministère de la Santé joue sur les mots pour nous priver de nos droits », affirme le président de la NA. Les infirmières perçoivent une allocation pour faire des électrocardiogrammes (ECG) mais uniquement dans le Casualty (Emergency and Accident Department). Celles qui font des ECG dans les salles et les dispensaires ne sont pas rétribuées, les Area Health Centres, les Community Health Centres et les wards n’étant pas mentionnés dans le rapport du PRB. 
Le syndicat des infirmiers déplore que l’extension des services hospitaliers n’entraîne pas de recrutement de personnel supplémentaire. « J’ai dénoncé par le passé au précédent ministre de la Santé que le manque de personnel donnait lieu à des “dangerous practices” dans les services de santé publique », rappelle Bagooduth Kallooa. « Nous avons eu des unités de soins intensifs à l’hôpital de Flacq et à celui de Rose-Belle. Il y a des centres de dialyses dans le secteur public de santé, de nouvelles salles mais l’establishment n’a pas été révisé », constate le président de la NA. 
Il n’existe que 79 postes de Charge Nurse. 36 Charge Nurses font l’intérimat dans les hôpitaux. « Le ministère de la Santé ne reconnaît pas sept postes de Charge Nurse sous prétexte qu’ils ne sont pas prévus par l’establishment. Ces infirmières ne seront donc pas rétribuées pour ce travail », dénonce la NA.