Après un démarrage des plus difficiles — pertes de Rs 189 millions pour le premier trimestre (juillet-septembre 2010) —, le groupe hôtelier Naïade Resorts s’est bien ressaisi par la suite pour terminer l’exercice financier 2010-2011 avec des profits avant impôt de Rs 45 millions. La dernière fois que le groupe avait dégagé des profits remontait à l’année financière se terminant au 31 décembre 2007.
« Je suis très satisfait qu’on a pu améliorer notre performance en 2010-2011. Je suis optimiste pour l’avenir », a déclaré Paul Jones, le Chief Executive du groupe, lors d’un point de presse suivant une rencontre de la direction de Naïade avec des analystes financiers. Paul Jones a d’abord relevé une hausse de 18 % des arrivées dans les hôtels du groupe basés à Maurice, alors que la progression des arrivées pour l’ensemble de l’île a été de 7 %. Aux Maldives, l’établissement du groupe, Le Diva, a enregistré une hausse de 62 % des arrivées, contre 19 % pour l’archipel en général. Le taux d’occupation de tous les hôtels du groupe (huit au total) s’est élevé à 71 % en 2010-2011, contre 56 % en 2009-2010. Pour les établissements se trouvant à Maurice, le taux d’occupation a grimpé de 62 % à 74 %. Quant aux revenus par chambre pour l’ensemble des hôtels, une augmentation de 20 % a été réalisée.
Les revenus totaux du groupe ont crû de 22 % comparativement à 2009-2010, passant de Rs 3,1 milliards à Rs 3,8 milliards, et les profits opérationnels ont fait un grand bond pour atteindre Rs 353,2 millions alors qu’en 2009-2010, des pertes de Rs 207,7 millions avaient été enregistrées. Paul Jones a fait état de la progression du capital souscrit du groupe (de Rs 3,1 milliards à Rs 3,5 milliards), ceci dans le sillage d’émission d’actions en numéraire. Il s’est félicité de la réduction de l’ardoise du groupe : de près de Rs 6 milliards à Rs 5,3 milliards, cela même en considérant l’émission d’obligations effectuée dans le courant de l’année financière. Ainsi, le ratio d’endettement du groupe sera ramené à 55 %, au cas où les détenteurs de ces obligations décideraient de les convertir en actions. « Nous avons payé plus d’un milliard de roupies sous forme de remboursement de dettes en 2010-2011 », a indiqué Paul Jones qui a signalé que malgré ce lourd décaissement, le groupe a terminé l’année avec un « cash flow » positif de Rs 293 millions contre un solde négatif de Rs 284 millions en 2009-2010.
Paul Jones s’est réjoui de la performance du groupe Naïade en dépit d’une conjoncture internationale difficile et de la concurrence intense prévalant dans tous les marchés du groupe. Il a attribué les résultats de 2010-2011 à un travail d’équipe. « Nous avons un personnel remarquable, prêt à travailler très dur et avec lequel on sent qu’on fera la différence », a-t-il souligné.
Le Chief Executive reconnaît que le contexte général est délicat. Sur le plan local, il constate qu’il y a beaucoup de chambres d’hôtels mais que le nombre de sièges avion n’est pas au niveau attendu. « Nous devons pouvoir maîtriser tous les paramètres que ce soit en termes de croissance économique générale, de taux de la roupie, d’accès aérien, entre autres. Le défi est grand mais on est prêt à le relever », a ajouté le CEO
Par ailleurs, Paul Jones admet que la politique de « discounting » est pratiquée par les établissements hôteliers. « Le plus important ce n’est pas le discounting mais le bon rapport qualité/prix. Il faut être au prix juste », a-t-il fait ressortir. Les réservations au niveau du groupe Naïade pour la haute saison sont réconfortantes, a-t-il annoncé, par ailleurs. Le groupe, a-t-il précisé, continue à diversifier ses offres et ses marchés avec un accent particulier sur le marché asiatique. Tout en accueillant favorablement l’accord sur la promotion du concept « îles vanilles » entre Maurice et La Réunion, il a appelé à une plus grande agressivité dans la diversification des marchés. Cependant, il considère qu’il faut trouver des arguments convaincants pour être plus performants dans les marchés existants.