La Muslim Youth Federation s’en est pris, hier matin, par la voix de son président Raffick Santally, au Centre Culturel Islamique lors d’une réception en l’honneur des pèlerins du hajj de l’année dernière, pour sa politique de deux poids deux mesures, pratiquée selon lui, à l’égard de son organisation. Le Deputy Prime Minister Rashid Beebeejaun, présent à cette fonction, a appelé les deux parties au dialogue.
Raffick Santally a attiré l’attention des ministres et députés présents sur des problèmes que connaît la Muslim Youth Federation (MYF) avec le Centre Culturel Islamique (CCI). « La CCI pratique une politique malsaine… et nous colle des étiquettes sur le dos. Je demande au ministre Abu Kasenally de mettre de l’ordre au sein du CCI car il y a beaucoup d’injustices contre nous », a avancé le président de la MYF.
Poursuivant, Raffick Santally a remercié le gouvernement pour le transport de 1 000 pèlerins l’année dernière par la compagnie Emirates, qui a assuré, selon lui, un très bon service. « Notre requête est que dorénavant tous les 1 800 pèlerins voyagent par Emirates pour se rendre en Arabie Saoudite », a fait ressortir le président de la fédération. S’agissant du pèlerinage en Arabie Saoudite, il a fait comprendre aux Mauriciens que cette activité a toujours été très difficile avec trois millions de pèlerins qui convergent vers ce pays pour accomplir le hajj en l’espace de quelques semaines. « Cependant, des améliorations sont apportées chaque année », a-t-il ajouté.
Le ministre des Terres et du Logement Abu Kasenally a expliqué à son auditoire que malgré les reproches, « le CCI est en train de faire un travail formidable », avant d’assurer à M. Santally qu’il s’occupera des points soulevés par lui. Il a aussi parlé de discipline parmi les pèlerins comme il en faut dans le pays, dans la société et au sein de la famille. Au sujet du transport des pèlerins par Emirates, le ministre a dit que « peut-être ce sera fait. »
Le DPM Rashid Beebeejaun a pour sa part qualifié les propos de M. Santally de « vre ek bizin reflesi lor la. » Mais, a-t-il ajouté, le pèlerinage à La Mecque dépend énormément du gouvernement saoudien. « C’est lui qui décide du nombre de pèlerins, du logement et de toute la question de sécurité. Il y a aussi d’autres contraintes que nous devons respecter », a-t-il souligné. M. Beebeejaun a aussi dit que Maurice devrait apprendre de la Malaisie qui envoie entre 30 000 et 35 000 pèlerins chaque année à La Mecque, avant d’appeler au dialogue entre la MYF et le CCI. « Je promets de rencontrer les deux parties dans les jours qui viennent afin de résoudre les problèmes qui ont surgi », a-t-il déclaré.