Dans l’interview accordée au Mauricien hier, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo a dit sa déception de la performance des haltérophiles à Mahé.
Qui ne se souvient pas de la fameuse affirmation du secrétaire de la Fédération mauricienne d’haltérophilie (FMH), lors d’une rencontre de coordination d’avant-Jeux, selon laquelle Maurice allait ramener 35 médailles d’or pour ensuite revoir ses pronostics à la baisse pour passer à 25. La vérité est tout autre : seulement quatre médailles d’or, soit le même nombre qu’en 2007 à Tana.
Une indignation, est-on tenté de dire, quand on connaît l’énorme somme d’argent qui a été investie dans cette discipline avec comme objectif de consolider les assises du Club Maurice au tableau des médailles. Mission non réussie et il est aujourd’hui comme une évidence qu’il y a un fossé important entre la direction de cette discipline et les athlètes qui, eux-mêmes sont divisés.
Ce qui nous pousse à dire que les séquelles des années de braise qu’a connues cette discipline depuis l’euphorie de 1993 sont toujours présentes. Certes, depuis l’arrivée de Nundkishor Fakun à la présidence de la FMH, on aura noté un regain de vitalité de cette discipline. Cependant, il gagnerait à mieux communiquer et surtout à faire confiance à ses athlètes. Le départ prématuré de Trendafil Stoychev comme DTN et le stage manqué en Bulgarie n’ont pas arrangé les choses.
Il est important de souligner que Maurice a laissé échapper sept médailles d’or rien qu’en raison d’un poids de corps supérieur. Il va sans dire qu’il existe une forme d’indiscipline au sein de cette équipe et le fait qu’il n’y ait pas un entraîneur qui a le contrôle sur ces athlètes, ces derniers se permettent de faire un peu n’importe quoi.
Mais la satisfaction vient de la consécration de Yannick Coret et de Shalinee Valaydon qui sont les auteurs des quatre médailles d’or pour Maurice. Yannick Coret, qui est encore un junior, n’a pas fait le stage en Bulgarie et a failli de peu d’être écarté de la sélection, tout comme son frère Jonathan. Sans leur volonté, ils auraient été des spectateurs impuissants de ces Jeux.
Plus que jamais, un grand coup de balai est nécessaire au sein de cette discipline. Surtout qu’il y a des jeunes comme Christine Duval, Emmanuelle Maigre, Yovin Gyadin et les frères Coret qui ont besoin d’un encadrement plus dynamique pour envisager un avenir plus serein. Il va sans aussi qu’il y a un gros travail de détection à faire dans les régions afin de trouver des athlètes capables de venir consolider cette ossature mauricienne à qui les Seychelles ont fait la leçon.